Alain Berset ne marchera pas dans les pas d'Emmanuel Macron
"Non" la Suisse ne s’inspirera pas des mesures prises par le président français en obligeant le personnel soignant à se faire vacciner.

Malgré la recrudescence des cas d’infections due à la propagation du variant Delta, Berne n’a pas prévu de bouger durant les vacances. La tendance est plutôt à la levée des dernières contraintes, une fois que celles et ceux qui l'ont souhaité auront été vacciné.
La perspective d'une obligation de vaccination du personnel soignant, possible au travers de la loi sur les épidémies, n'est donc pas à l'ordre du jour. Si Alain Berset est irrité lorsqu'on évoque leur réticence à recevoir leur injection, il se contente toutefois de recommander la vaccination avec insistance. Ce qui pend par contre au nez des soignants réticents, c'est de devoir répéter les tests deux à trois fois par semaine.
Effet immédiat des annonces de Macron
Les Français ont pris d'assaut les sites de rendez-vous de vaccination après les mesures annoncées lundi soir par le président français. En plus de rendre obligatoire la vaccination des soignants, Paris étend le pass sanitaire à la plupart des lieux publics pour contrecarrer le variant Delta.
Bars, restaurants, centres commerciaux et transports (sauf le transport local) seront soumis à ce pass (vaccination ou test négatif) ainsi que les lieux culturels comme les cinémas et théâtres, où les jauges venaient d'être supprimées fin juin.
"Pas un chantage"
Comme l'ont réclamé de nombreux experts et responsables politiques, la vaccination deviendra obligatoire pour les personnels soignants et non soignants des hôpitaux et maisons de retraite, les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile, ainsi que les pompiers ou les ambulanciers. Mais pas pour les policiers et les gendarmes.
Quelque 4 millions de personnes sont concernées dont 1,5 non-vaccinées, selon M. Attal. Elles auront jusqu'au 15 septembre pour le faire, sous peine de "sanctions" qui peuvent aller de la suspension du contrat de travail, à la mise à pied voire à un licenciement.
"Il n'y a pas d'obligation vaccinale, il y a une incitation maximale", a souligné le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, "satisfait de voir que le message du président de la République a été entendu." Ce n'est pas du "chantage", estime le ministre de la Santé Olivier Véran, qui justifie cette mesure pour éviter de "refermer le pays", en prévoyant de la souplesse pour certains secteurs comme les bars-restaurants.
"Dictature sanitaire"
Patrice Ramillon, représentant FO au centre hospitalier de Lens, s'est dit "un peu inquiet" du risque que "l'obligation pousse certains soignants à arrêter la profession" alors que les hôpitaux "auront besoin de toutes leurs forces vives à la rentrée".
L'écrasante majorité des forces politiques ont approuvé la vaccination obligatoire pour les soignants et assimilés, à l'exception de LFI où Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un "abus de pouvoir" et que la cheffe du RN a qualifié de "brutalité indécente".
Les annonces du chef de l'Etat ont également électrisé la mouvance "covido-sceptique", qui compte des centaines de milliers d'activistes sur les réseaux sociaux et dénonce depuis des mois une "dictature sanitaire" dans les mesures prises par les autorités, dont l'état d'urgence sanitaire qui sera reconduit jusqu'à la fin de l'année.


