Blinken conclut son marathon diplomatique

L'aviation israélienne a pilonné jeudi le sud de la bande de Gaza, au dernier jour du marathon diplomatique dans la région du chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, visant à endiguer la propagation du conflit opposant Israël au Hamas palestinien.

Tsahal ne lâche pas la pression sur la bande de Gaza. © KEYSTONE/EPA/ATEF SAFADI
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken termine une tournée dans neuf pays, dont la Turquie et l'Arabie saoudite, ainsi qu'en Cisjordanie occupée. © KEYSTONE/AP/Evelyn Hockstein
Les représentants sud-africains à la Cour pénale internationale où Pretoria accuse Israël de génocide. © KEYSTONE/EPA/REMKO DE WAAL
Tsahal ne lâche pas la pression sur la bande de Gaza. © KEYSTONE/EPA/ATEF SAFADI
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken termine une tournée dans neuf pays, dont la Turquie et l'Arabie saoudite, ainsi qu'en Cisjordanie occupée. © KEYSTONE/AP/Evelyn Hockstein
Les représentants sud-africains à la Cour pénale internationale où Pretoria accuse Israël de génocide. © KEYSTONE/EPA/REMKO DE WAAL
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Dans une audience historique devant la Cour internationale de justice (CIJ), Israël a en parallèle été accusée "d'actes génocidaires" à Gaza par Pretoria. Israël "est accusé de génocide au moment où il combat le génocide", s'est offusqué le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Au Caire, où il a rencontré le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, en conclusion de sa tournée, M. Blinken a lié "la sécurité et l'intégration (régionale) d'Israël (...) au fait d'ouvrir une voie vers un Etat palestinien".

Il a aussi jugé qu'un rapprochement entre Israël et les pays arabes qui, dans leur majorité, ne le reconnaissent pas, serait "le meilleur moyen d'isoler l'Iran et ses supplétifs".

M. Blinken a toutefois relevé ne pas penser que "le conflit s'intensifie".

Aide humanitaire au compte-gouttes

Sur le front, dans la matinée, l'aviation israélienne a multiplié les frappes dans le secteur de Khan Younès, principale ville du sud du territoire et épicentre des combats, selon des témoins.

L'armée a affirmé y avoir découvert un vaste réseau de tunnels, dont l'un par où des "otages israéliens sont passés".

Des familles d'otages se sont elles rassemblées à Nirim, dans le sud d'Israël limitrophe de Gaza, pour faire retentir via des hauts-parleurs le nom de leurs proches retenus depuis bientôt 100 jours, a constaté l'AFPTV.

De l'autre côté de la barrière de séparation, l'intensité des hostilités aggrave encore le désastre sanitaire en cours pour les 2,4 millions de Gazaouis, dont 85% ont été déplacés.

L'ONU a déploré jeudi les entraves des autorités israéliennes à l'acheminement de l'aide humanitaire, soulignant que chaque délai coûte des vies.

"Entre le 1er et le 10 janvier, seulement trois des 21 livraisons d'aide humanitaire" prévues en "produits vitaux" dans le nord de la bande de Gaza "ont été possibles", a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l'ONU. Cela représente 14% de l'aide humanitaire prévue.

"Israël se considère comme au-dessus des lois", fustige un Gazaoui portant le corps d'un nourrisson décédé à l'hôpital Al-Najjar de Rafah, dans l'extrême-sud de la bande de Gaza. "Nous voulons que les juges internationaux jugent Israël".

"Sélectivité" occidentale

Devant la plus haute juridiction de l'ONU, l'Afrique du Sud, soutien de longue date de la cause palestinienne, a accusé Israël de violer la Convention des Nations unies sur le génocide, affirmant que même l'attaque du Hamas ne pouvait justifier les événements à Gaza.

"Le monde à l'envers" selon M. Netanyahu, dont le pays s'exprimera vendredi devant la CIJ, avant une décision de la Cour, possiblement dans quelques semaines. Ses jugements sont sans appel et juridiquement contraignants, mais elle n'a aucun pouvoir pour les faire appliquer.

L'Afrique du Sud se comporte comme "le bras juridique de l'organisation terroriste Hamas", a également accusé le ministère israélien des Affaires étrangères.

La patronne de Human Rights Watch, Tirana Hassan, a déploré pour sa part la "sélectivité" des Occidentaux sur ce conflit. "Il y a eu des condamnations sévères des attaques du 7 octobre" mais "les réactions des Etats-Unis, de l'UE et d'autres pays ont été beaucoup plus contenues pour condamner les (...) morts de civils à Gaza", a-t-elle pointé jeudi dans un entretien à l'AFP.

Avertissement aux Houthis

En dépit des efforts diplomatiques, aucune perspective ne se dessine pour sortir de la guerre, entrée dans son quatrième mois et qui alimente les tensions régionales.

A la frontière israélo-libanaise, les hostilités se sont intensifiées après la frappe attribuée à Israël le 2 janvier qui a tué près de Beyrouth, dans un fief du Hezbollah, le numéro deux du Hamas, Saleh al-Arouri.

Deux secouristes d'un organisme relevant du Hezbollah ont été tués jeudi dans une frappe israélienne, a affirmé ce mouvement libanais pro-iranien, disant avoir riposté par des bombardements dans le nord d'Israël.

A Beyrouth, un émissaire américain, Amos Hochstein, a appelé à une "solution diplomatique" entre les deux pays pour ramener le calme à leur frontière.

En mer Rouge, les rebelles yéménites, soutenus par l'Iran, multiplient les attaques contre des navires marchands, perturbant le trafic maritime mondial, au nom de leur "solidarité" avec les Palestiniens de Gaza.

Après que le Conseil de sécurité de l'ONU a exigé l'arrêt "immédiat" de ces actions, le chef des Houthis, Abdel Malek al-Houthi, a menacé de riposter à toute attaque américaine par des opérations encore "plus grandes".

Dans le golfe d'Oman par ailleurs, l'Iran a saisi jeudi un pétrolier en représailles au "vol" par les Etats-Unis d'une cargaison de pétrole iranien transportée par ce même navire l'année dernière, selon les médias d'Etat iraniens. Washington a exhorté l'Iran à libérer "immédiatement" le navire.

En Cisjordanie occupée, qui connaît un niveau de violence inédit depuis la seconde Intifada (2000-2005), un Palestinien a été tué jeudi à Jénine, selon son cousin, Faraj Malashi, alors qu'il se livrait à des soldats israéliens venus l'arrêter, a rapporté l'AFPTV.

La guerre a été déclenchée par l'attaque inédite le 7 octobre du Hamas sur le sol israélien qui a fait environ 1140 morts, majoritairement des civils, selon un décompte de l'AFP à partir du bilan israélien.

En représailles, Israël a juré d'anéantir le mouvement islamiste, qu'il classe groupe terroriste comme les Etats-Unis et l'Union européenne.

Ses opérations militaires dans le petit territoire palestinien assiégé et surpeuplé ont fait au moins 23'469 morts, en majorité des femmes, adolescents et enfants, a chiffré jeudi le ministère de la Santé du Hamas.

ATS
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