Block Friday: les avocats des activistes mettent la pression

A 3 semaines du procès, la défense dénonce le refus de la justice fribourgeoise d'entendre des experts climatiques durant l'audience.

Il n'y aura pas de témoin ni d'expert climatique lors du procès du 25 mai. Décision prise par le Tribunal d'arrondissement de la Sarine. Un choix contesté mardi matin par les avocats de la défense des activistes du climat lors d'une conférence de presse.

"La présence d'experts, c'est le moyen de prouver deux choses: l'urgence climatique et le fait que nos mandants ont l'intime conviction que la seule façon de justifier le réchauffement climatique est de faire une action comme le Block Friday. Ceci permet de démontrer l'état de nécessité", affirme Me Arnaud Nussbaumer. Rappelons que des scientifiques, dont le prix Nobel de chimie Jacques Dubochet, s'étaient dits prêts à témoigner lors de ce procès d'ampleur inédite en Suisse. 

"Une restriction des débats"

D'après le code de procédure pénale, le juge peut refuser des réquisitions de preuve, en motivant succinctement sa décision, qui n'est pas sujette à recours. "C'est malheureux de voir que la tendance actuelle revient souvent à restreindre les débats, alors que le code de procédure prévoit au contraire leur oralité en jugement", regrette Me David Aïoutz, vice-bâtonnier du canton de Fribourg et avocat spécialisé en droit pénal. "C'est un choix étonnant, considérant que dans le même procès à Lausanne, le président avait admis cette preuve. Il y a un seul code de procédure, mais 26 applications différentes, voire plus."

La décision du juge est immuable jusqu'au procès. Le magistrat serait alors en droit de revoir sa position et d'auditionner des témoins. Certains experts feront le déplacement en cas de volte-face. Le cas échéant, des témoignages pourraient être diffusés pendant les plaidoiries des avocats. 

Compte à rebours jusqu'au procès

Entre le 25 mai et le 1er juin, 32 prévenus contesteront leur condamnation à des peines pécuniaires devant le Tribunal de la Sarine. Âgés de 19 à 62 ans, les militants ont été inculpés pour trouble à l'ordre public à la suite de l'action de blocage de Fribourg-Centre, organisée par Extinction Rebellion et Grève du climat Fribourg lors du Black Friday de novembre 2019. Une dizaine d'avocats venant de toute la Suisse romande, dont quatre du canton de Fribourg, assumeront la défense des activistes.

En attendant, les militants préparent le terrain. Sous la forme d'un compte-à-rebours numérique, les deux collectifs défendent leur position, rappellent leurs objectifs et partagent les témoignages d'activistes qui ont participé au sit-in de 2019 devant le centre commercial.

La Télé - Gianluca Agosta / sc