"C'est bien que les jeunes sachent à qui s'adresser"

La Fédération fribourgeoise de gymnastique réagit à la mise en place d'une nouvelle plateforme de signalements de maltraitance des sportifs.

Depuis son lancement en janvier, 91 cas de maltraitance ont été signalés. © KEYSTONE

Une centaine de sportives et de sportifs suisses ont signalé des cas de maltraitance auprès du Service indépendant de signalement des manquements à l’éthique, depuis son lancement au mois de janvier. Cela représente en moyenne une plainte par jour. Ces chiffres ont été communiqués ce lundi par Swiss Sport Integrity, l'organe à laquelle cette plateforme de signalement est rattaché.

"Je suis quand même surpris de ce nombre, mais j'espère qu'avec ce qui a été mis en place, on arrivera vraiment à éviter ce genre de situations. Car le sport doit rester un plaisir. On ne devrait pas tomber dans ces travers-là", réagit Dominique Gavillet, responsable des finances au sein de la Fédération fribourgeoise de gymnastique.

Des ados sensibilisés

Cette nouvelle plate-forme accessible en ligne, où les sportifs et sportives suisses peuvent signaler des atteintes à l'intégrité physique, psychique ou sexuelle, a été mise sur pied suite à l'émoi provoqué par le scandale de Macolin: en 2020, des gymnastes suisses avaient révélé avoir été victimes de maltraitance physique et d'humiliations de la part de leurs entraîneurs. Plus récemment, à Fribourg, des anciennes basketteuses d'Elfic Fribourg dénonçaient des cas de harcèlement de la part de leur entraîneur.

Toutes ces révélations ont ébranlé le monde du sport, "on parle davantage de ces risques, c'est important", se réjouit Myriam Grandgirard, responsable du sport élite au sein de la Fédération fribourgeoise de gymnastique et elle-même entraîneur de gymnastique artistique féminine à Cugy: "Cette structure est aussi bien présente sur les réseaux sociaux aujourd'hui. C'est une bonne chose, on atteint mieux les jeunes, les adolescents qui n'osent pas forcément en parler directement avec des adultes. C'est bien qu'ils sachent à qui s'adresser."

Sur les 91 plaintes, environ 30% sont jugées de peu de gravité, selon Swiss Sport Integrity. Toutes les autres ont provoqué l'ouverture d'une enquête. Le sport amateur aussi bien que le sport élite sont concernés. Une trentaine de disciplines sportives sont visées: la gymnastique, la natation ou le volley-ball, mais aussi le football par exemple.

Certaines mesures ont déjà été prises pour protéger les athlètes. L'entraîneur de l'équipe féminine de volley neuchâteloise du Val-de-Travers a par exemple été provisoirement suspendu au mois de février, suite à la plainte de plusieurs joueuses qui ont confié avoir été victimes de maltraitance psychologique.

Mais le nombre de plaintes est plus important que ce qui était attendu. "On n'avait pas d'expérience, ni en Suisse, ni à l'étranger, mais un cas par jour, cela nous a quand même surpris", livre le directeur de Swiss Sport Integrity, Ernst König. Il s'attend à ce que le nombre de signalements ne baisse pas à l'avenir: "Il s'agit d'une culture. Pour changer une culture, pour que l'on n'accepte plus certaines choses dans le sport suisse ne se fera pas en un jour. Cela prendra du temps."

RadioFr. - Maëlle Robert
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