Gottéron bat enfin Genève !
Les Dragons ont trouvé les ressources pour battre une première fois les Aigles cette saison.

Il était temps ! Pour la confiance, pour la preuve (s'il en fallait une) que ce Gottéron-là possède du caractère. Pour la fierté aussi, face à un adversaire historiquement rival. Vendredi soir dans leur antre, les Dragons ont pris le meilleur sur les Aigles, une victoire méritée, 3 à 2.
Si l'entame de match était parfaite, tout n'a pourtant pas été si simple. Mais commençons par le commencement. Gottéron entre sur la glace avec furie. Résultat, une pénalité provoquée après quelques secondes puis un but, après moins de deux minutes de jeu, l'oeuvre du très en vue Samuel Walser. Et puis alors que Genève n'a toujours pas vu la couleur du puck, Julien Sprunger s'en va mettre un deuxième, d'un magnifique back-hand, profitant de l'excellent travail de son coéquipier Chris DiDomenico.
6e minute. Et voilà où se compliquent les choses. Forcément, Patrick Emond, l'entraîneur des Grenats, prend son temps-mort et ses joueurs à parti. Un coup de gueule, un coup de maître: les Genevois en reviennent changés et prennent le jeu à leur compte. Gottéron, lui, mène toujours 2-0.
2-0? Le pire score en hockey sur glace. Du moins, c'est l'avis d'un certain défenseur de Fribourg-Gottéron.
Mais dominer n'est pas gagner et la formation du bout du lac en fait l'apprentissage. Gottéron ne démérite pas et compte sur un brin de chance pour s'en sortir (les poteaux de Berra ont tremblé à trois reprises).
Et Genève n'est pas si tranchant. Ou du moins, Gottéron parvient à maîtriser les gâchettes offensives des Aigles: Omark, Winnik, Fehr en tête. Si bien qu'à l'entame du 3e tiers-temps, et après un bijou collectif de la 1e ligne conclu par Desharnais, les Fribourgeois mènent au score, 3 à 2. Et le suspense ne fait que commencer.
Une défense solide
Le dernier tiers-temps aura finalement été vierge de but et tant mieux pour les supporters fribourgeois. Genève aura certes poussé, mais pas assez pour voir son adversaire plier. Et si Reto Berra n'a pour une fois pas offert toutes les garanties nécessaires à ses coéquipiers pour valider son surnom "d'ange gardien", il a pu bénéficier d'une défense à son avantage. Et la meilleure défense, parfois, c'est justement la défense.
Il y avait donc de quoi avoir le sourire à l'issue de cette rencontre. Certes, les hommes de Christian Dubé ont connu quelques trous noirs qui auraient pu leur coûter bien plus cher. Certes, Genève n'a pas livré son meilleur match de la saison. Mais au final, ce qui compte, c'est l'enjeu, et il était de trois points. Tous trois récoltés par les Fribourgeois.
Andreï Bykov, qui, à l'image de sa formation, a réalisé un match quelque peu irrégulier. Tantôt excellent, comme sur le 3-1, tantôt absent, ou moins concentré. N'empêche, il a su remplacer à merveille le top-scorer blessé Killian Mottet (qui pourrait faire son retour au jeu très rapidement) et a prouvé à son entraîneur qu'il savait jouer les pompiers de luxe. A bon escient. Le contrat du Fribourgeois ne se termine-t-il pas à la fin de la présente saison ?
Le regard tourné vers Zürich
Les Dragons disposent désormais de quelques heures de repos. Assez pour s'enorgueillir d'une probante victoire face à l'ennemi juré romand. Mais trop peu pour se dorer la pilule à la lumière bénite du succès.
Dimanche, leur route croise à nouveau celle de Zürich et il s'agit plutôt du genre de route qui mène à La Brévine qu'en vacances en Italie. Enfin, cette métaphore pour dire que les 2e du classement ne conviennent absolument pas aux Dragons, qui n'ont toujours pas mangé du Lion alémanique pour souper cette saison, après trois tentatives.
Dimanche à 15h45 sera une nouvelle occasion. L'occasion de prouver que Gottéron sait être grand face aux grands.


