Trop mal en point, le béluga a été euthanasié

Les vétérinaires ont décidé d'endormir le cétacé durant son transfert de la Seine vers le Calvados, ont annoncé les autorités françaises.

Il avait fallu six heures aux équipes pour sortir le béluga des eaux de l'écluse de Saint-Pierre-la-Garenne, un village normand entre Paris et le port du Havre. © KEYSTONE/AP

"Malgré une opération inédite de sauvetage du béluga, nous avons la tristesse de vous annoncer le décès du cétacé", a annoncé la préfecture du Calvados sur Twitter, précisant qu'il a été euthanasié. Il est mort sur la route avant d'arriver dans la ville de Ouistreham, où il devait être examiné par des vétérinaires avant un éventuel transfert, a-t-elle précisé dans un communiqué.

L'animal devait ensuite si son état le permettait séjourner plusieurs jours dans une écluse avant d'être relâché en pleine mer. Mais "malgré les moyens techniques et logistiques mis en oeuvre, l'état du cétacé s'est malheureusement dégradé lors du voyage", a ajouté la préfecture.

Problèmes respiratoires

"L'expertise vétérinaire a révélé la situation de grande faiblesse, et d'activité respiratoire défaillante du béluga. La décision a donc été prise collégialement, avec les vétérinaires, de l'euthanasier".

Sur Twitter, la vétérinaire du service de secours intervenu, Florence Ollivet-Courtois, a expliqué que le cétacé, de quatre mètres de long et environ 800 kilos, "était en anoxie (une diminution de la quantité d'oxygène, ndlr), donc ventilé insuffisamment, et donc la souffrance était évidente pour cet animal", a-t-elle poursuivi.

"Nous avons décidé qu'il n'était pas pertinent de le relâcher et donc qu'il fallait procéder à son euthanasie", a-t-elle ajouté. L'ONG Sea Shepherd a également confirmé le décès du cétacé, "la mort dans l'âme". Selon elle, la translocation "était risquée, mais indispensable pour donner une chance à un animal autrement condamné".Une conférence de presse était prévue au port de Ouistreham en fin de matinée.

Vif émoi

Le cétacé avait été repéré il y a plus d'une semaine dans la Seine, à environ 130 kilomètres de l'embouchure du fleuve dans la Manche, alors qu'il évolue habituellement dans des eaux froides. Sa présence avait suscité un vif émoi, au-delà même des frontières françaises, avec un afflux de dons de fondations, d'associations et de particuliers pour tenter de le sauver.

En mai, c'est une orque qui s'était retrouvée en difficulté dans la Seine. Les opérations pour tenter de sauver le cétacé avaient échoué et l'animal est finalement mort de faim.

Selon l'observatoire Pelagis, spécialiste des mammifères marins, le béluga "a une distribution arctique et subarctique. Bien que la population la plus connue se trouve dans l'estuaire du Saint-Laurent (Québec), la plus proche de nos côtes se trouve au Svalbard", un archipel situé au nord de la Norvège, à 3000 kilomètres de la Seine.

Selon la même source, il s'agit du second béluga connu en France après qu'un pêcheur de l'estuaire de la Loire, le grand fleuve du centre du pays, en avait remonté un dans ses filets en 1948.

ATS
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