Le dernier combat tant attendu d'Olivia Belkacem-Boudouma

La boxeuse fribourgeoise a été choisie comme challenger pour le titre européen, alors qu'elle pensait sa carrière terminée.

Parce que l'optimisme est sa manière d'être, Olivia Belkacem-Boudouma ne veut pas tout jeter d'une année 2020 difficile. Maman d'un jeune enfant handicapé, qui a multiplié les crises d'épilepsie durant le premier confinement, épouse de Mohamed Belkacem, ancien boxeur et ancien employé d'un fitness qui n'a pas survécu à la crise, la Fribourgeoise a subi comme tant d'autres les affres d'une pandémie mondiale.

Mais pas question de broyer du noir, bien au contraire. C'est peut-être la boxe qui lui a appris à toujours se relever, ou c'est simplement sa personnalité. Tout n'est pas à jeter en 2020, disions-nous. Et notamment ce coup de fil en fin d'année: servir de challenger, c'est à dire d'adversaire à la tenante du titre.

Avec l'arrêt des compétitions, le classement mondial s'est vu remanié. Douzième meilleure femme à l'échelle internationale, Olivia Belkacem-Boudouma voit son statut amélioré et grimpe au 9e rang. Figurer dans le top-10 est justement la condition pour être éligible au rôle de challenger.

Un duel suisse

A 39 ans, l'artiste-peintre, ancienne mannequin, maman de quatre enfants a été l'élue. C'est elle qui aura l'honneur d'affronter la Genevoise Ornella Domini, 32 ans, quadruple championne d'Europe et tenante du titre.

Un duel suisse au parfum de doux rêve, pour Belkacem-Boudouma. Après huit ans d'absence en compétition et une double fracture de la mâchoire, elle est revenue en 2019 pour effectuer une tournée d'adieu, finir sa carrière sur une bonne note. "Et là, paf, le coronavirus", lâche-t-elle.

Et puis cet espoir, ce combat qui devrait se disputer, croisons les doigts, entre avril et juin prochain. L'occasion de finir avec la manière.

Olivia Belkacem-Boudouma a demandé un délai de huit semaines pour se préparer à cet ultime combat. Car la boxe n'est pas un jeu. Elle lui a permis, depuis toute petite, de s'affirmer, et ce malgré les stéréotypes de genre qui disaient que non, la boxe, ce n'est pas pour les filles. Elle l'a forgée ensuite, à devenir la femme qu'elle est aujourd'hui, aux côtés de son mari et entraîneur Mohamed Belkacem.

RadioFr. - Jonas Ruffieux