Le peuple refuse de tourner le dos à Frontex

Craignant d'être mis au ban de l'Europe, les Suisses ont accepté à 72% de donner une seconde chance à l'agence controversée.

Les Suisses approuvent la hausse de la participation helvétique à Frontex, malgré de vives critiques envers l'agence européenne (image d'illustratio). © KEYSTONE

La contribution helvétique à Frontex passera donc de 24 à 61 millions de francs d'ici 2027. Berne mettra également une quarantaine de collaborateurs à disposition de l'agence à cet horizon. La Suisse s'aligne ainsi sur le renforcement décidé par l'Union européenne après la vague migratoire de 2015.

Un renforcement décrié par des organisations de défense des réfugiés. Accorder davantage de moyens et de personnel à l'agence entraînera une hausse des violences aux frontières, critiquent-elles. Frontex est régulièrement accusée de refoulements illégaux et de violations des droits fondamentaux. Elle doit également faire face à des problèmes de gestion internes.

Mais avec à peine 29% de vote contre la loi Frontex, les arguments des opposants ne semblent ne pas avoir convaincu la population. Pas de quoi les décourager: pour eux, après ce oui, la Suisse doit prendre ses responsabilités, comme l'a dit Osgur Turk, membre du comité "Non à Frontex".

Selon le Conseil fédéral, les conséquences pour l'économie et le tourisme auraient atteint plusieurs milliards en cas de non. Berne n'aurait en outre plus eu accès à de nombreuses bases de données européennes, cruciales dans la lutte contre la criminalité transfrontalière. Conseiller national UDC, le Fribourgeois Pierre-André Page, ne cachait pas sa satisfaction à l'issue du scrutin.

Tiraillements internes

Après avoir peiné à récolter les signatures nécessaires au référendum, les opposants échouent définitivement. Ils partaient d'ailleurs divisés. La gauche était tiraillée entre ses ailes humanitaires et europhiles.

Et les organisations de défense des migrants n'ont pas fait bloc derrière les référendaires. Amnesty International et l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés ont laissé la liberté de vote. Le soutien d'une partie des conservateurs souverainistes, traditionnellement opposés à Schengen, n'y a rien fait.

ATS
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