Deux ans de prison ferme pour avoir abusé d'un enfant

Longtemps moniteur de ski, cet homme ne pourra plus exercer d'activités qui impliquent des contacts avec des enfants.

Le verdict a été rendu jeudi au tribunal pénal de la Gruyère.

Ce Fribourgeois de 55 ans a notamment été reconnu coupable d'acte d'ordre sexuel avec un enfant et de pornographie. Le Ministère public demandait une peine de 3 ans de prison ferme. Les faits se sont déroulés entre 2007 et 2009. La victime avait alors 6 ans. L'homme lui était âgé de 41 ans. 

Un ami de la famille 

Durant ces années, l'homme a abusé de cette fillette. La mère de la victime demandait à cet homme, décrit comme un ami de la famille, de garder sa fille plusieurs jours par semaine et certains week-end. Et c'est à ces moments-là qu'il a abusé d'elle. 

Ce Fribourgeois avait la confiance de la jeune fille qui le considérait comme "un moniteur de ski, un moniteur de camp d'été. J'avais confiance en lui." Car cet ancien toxicomane a participé à de nombreux camps organisés dans le canton de Fribourg. 

La défense a joué, d'un côté, la carte de l'enfance difficile du condamné, lui même battu dans sa jeunesse, victime d'abus sexuels. Et, de l'autre, celle d'un témoignage dont on ne peut faire confiance. L'avocat a aussi expliqué que son client a tenté plusieurs fois de mettre fin à ses jours.

Un coma pour se souvenir

C'est en 2016, plusieurs années après les faits, et après un accident de skateboard qui plongera la fillette, devenue alors adolescente, dans le coma pour trois jours, que les souvenirs vont remonter à la surface.

Pour l'avocat de la défense, "Il est possible que ce coma, durant lequel la victime est tombée et après quoi les souvenirs des attouchements sont revenus, ait crée une fausse mémoire." Mettant en exergue l'absence de diagnostic officiel qui prouverait un choc post-traumatique. 

2000 images pédopornographiques

Un élément semble avoir particulièrement pesé dans le verdict de la Cour: 2000 images à caractère pédopornographique ont été retrouvées sur l'ordinateur de l'accusé. Selon la procureur, ces images font le lien avec les actes perpétrés par cet homme : "Ces images sont insoutenables et révélatrices de son attirance pour les jeunes enfants. Des images où l'on y voit les mêmes faits qu'on lui reproche."

A la question de savoir pourquoi la victime n'a pas pu, ou voulu parler de ces attouchements plus rapidement, cette dernière répond : "Je pense que je trouvais ça normal. Comme c'est arrivé plusieurs fois, je pense que je croyais ça normal." Et d'ajouter en lien avec cette procédure pénale : "Ce que je veux, c'est ne plus le voir à l'arrêt de bus."

Pour l'avocate de la victime il ne fait aucun doute : "il semble n'avoir aucune limite pour assouvir ses envies, ses pulsions." La défense fera appel.

RadioFr. - Vincent Dousse
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