Bolsonaro largement devant Lula au Brésil
Le conservateur Flavio Bolsonaro disposait d'une large avance sur le président sortant Lula dimanche au premier tour de la présidentielle brésilienne, après le dépouillement d'un tiers des urnes. Le fils de l'ex-président Jair Bolsonaro compte près de 51% des voix.

À bientôt 81 ans, Luiz Inacio Lula da Silva, qui brigue un quatrième et dernier mandat non consécutif, obtient 41% des suffrages. Si M. Bolsonaro conserve plus de 50% des voix, il sera élu à la surprise générale dès dimanche, alors que les derniers sondages prévoyaient un second tour le 25 octobre.
Flavio Bolsonaro, 45 ans, était un sénateur relativement méconnu il y a quelques mois, quand son père l'a désigné comme son héritier politique. Jair Bolsonaro ne pouvait pas se présenter, car il purge à domicile une peine de 27 ans de prison pour une tentative de coup d'État contre Lula en 2022.
Parmi les quelque 160 millions d'électeurs, beaucoup ont exprimé leur lassitude face à une affiche si familière et ont dit choisir le candidat qui leur déplaît le moins.
Lassitude
"J'ai toujours voté pour Lula, mais, une fois arrivée au bureau de vote, j'ai changé d'avis pour Bolsonaro, juste pour essayer et voir ce que cela va donner", a déclaré à l'AFP Oscarina de Oliveira, 62 ans, auxiliaire de vie à Rio de Janeiro.
"Le peuple devra choisir entre le renforcement du régime démocratique et la barbarie", a lancé le président sortant après avoir voté dans l'État de São Paulo (sud-est).
À la sortie de son bureau de vote à Rio, le fils Bolsonaro a promis de "libérer le peuple brésilien". "Le Brésil a besoin de changement, le Brésil ne supporte plus tant de souffrance, tant d'impôts élevés, tant de femmes tuées, tant de persécution politique", a-t-il affirmé.
Les deux favoris avaient dit croire à une victoire dès dimanche, même si les sondages les montraient ces derniers jours encore assez loin des 50%. Un éventuel second tour aurait lieu le 25 octobre.
Le président américain Donald Trump n'a pas apporté son soutien à Flavio Bolsonaro, mais son influence a pesé sur la campagne. Il a dégainé droits de douane et sanctions contre le Brésil depuis le procès de 2025 contre son allié Jair Bolsonaro.
Enquête pour corruption
Revenu au pouvoir en 2023, le chef de l'État sortant est reconnu pour ses programmes sociaux, qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté dans les années 2000. Mais les électeurs se plaignent du coût de la vie et de la criminalité galopante.
Son adversaire a promis la manière forte contre le crime et l'austérité budgétaire. Le fils Bolsonaro n'a pas perdu pied, après la révélation qu'il était visé par une enquête pour corruption et blanchiment d'argent sur le financement d'un film à la gloire de son père.
La droite ne manque pas de rappeler que Lula a passé en 2018-2019 plus de 18 mois en prison pour corruption, avant de voir sa condamnation annulée pour motifs de procédure.
Dans son bilan, le vétéran de gauche affiche une baisse drastique de la déforestation en Amazonie, qui avait bondi sous la présidence Bolsonaro. Mais la question a brillé par son absence durant une campagne davantage semée de polémiques que de projets.


