Crise du logement: comment s'en sortir?

Entre augmentation des loyers et hausse des prix à l'achat, se loger dans le canton est devenu très compliqué ces dernières années.

Cette semaine, Fribourg Fait Maison s'intéresse à la crise du logement. © Frapp

La moitié de la population fribourgeoise est locataire, mais les prix des locations a fortement augmenté ces dernières années. En moyenne, c'est entre 1% et 2% par année. Dans le canton, le loyer moyen se situe désormais à plus de 1300 francs par mois. Bien sûr, il y a de grandes disparités entre les différentes régions. C'est d'ailleurs à Morat, Guin et Châtel-St-Denis que les loyers sont les plus élevés. Pour l'expliquer, on peut bien sûr évoquer les augmentations dans le domaine de la construction, mais aussi une volonté de rentabilité des investisseurs, ainsi que la croissance démographique. 

La situation est d'ailleurs similaire pour ceux qui souhaitent devenir propriétaires. Posséder une maison dans le canton de Fribourg n'a jamais coûté aussi cher qu'à l'heure actuelle. Le prix moyen dans les différents districts dépasse le million et atteint pratiquement un million et demi en Sarine et dans le district du Lac.

Afin de faire toute la lumière sur ces questions et, peut-être, trouver des solutions, Fribourg Fait Maison a invité Marie Levrat, la nouvelle présidente de l'Asloca Fribourg, et Savio Michellod, syndic de Granges (Veveyse). Les deux sont également députés au Grand Conseil.

RadioFr./La Télé: L'Asloca, qui défend les locataires, est-elle impuissante?

Marie Levrat: La question est avant tout politique. On peut bien sûr faire des choses à l'échelle individuelle, mais on peut aussi agir sur un plan politique. Quand on a un taux de vacance aussi bas, qu'on observe avec l'Observatoire du logement, mais qu'on n'avance pas, c'est là qu'il faut agir. Il faut encourager les communes et le Canton à construire et prendre des initiatives pour soutenir les institutions qui seraient d'accord de construire avec des rendements plus faibles.

Environ 45% des propriétaires ne souhaitent faire que du rendement. Ils placent simplement de l'argent et beaucoup ne respectent même pas les normes de rendement fixées par le Tribunal fédéral.

Pourquoi ne peut-on pas simplement appliquer la loi et dénoncer les rendements abusifs?

Marie Levrat: Le problème, c'est que le droit du bail fait peser le poids de faire contrôler son loyer sur le locataire. Mais, avec l'Alsoca, on vient de déposer une initiative populaire au niveau fédéral pour faire changer ce paradigme. Si elle est acceptée, on pourra contrôler de manière systématique si les rendements sont abusifs ou pas.

Est-ce que la situation actuelle du logement est une préoccupation pour vous?

Savio Michellod: C'est clairement une réalité, et particulièrement en Veveyse. Cela est dû au dynamisme économique de notre région. La Veveyse est proche de l'arc lémanique. Dès lors, cette région est encore plus sujette aux questions de loyers élevés. Cela a pour conséquence que, malgré les nombreuses constructions, la demande est très forte.

L'un des principaux problèmes qui en découlent concerne les jeunes. Lorsqu'ils arrivent dans la vie active, ils n'ont pas forcément des salaires très élevés et il est très difficile pour eux de se loger dans la commune dans laquelle ils ont grandi. Je suis moi-même locataire dans ma commune et j'ai aussi des difficultés à trouver un appartement. Mais comme syndic, j'étais obligé d'y habiter.

Ce qu'on doit faire, en situation de pénurie, c'est s'engager pour qu'il y ait davantage de logements qui se construisent, et pas rajouter des contraintes. On doit faciliter la vie de ceux qui ont envie d'investir, que ce soit les collectivités publiques ou les privés.

Quelle est la marge de manœuvre d'une commune?

Savio Michellod: Elle est très faible et elle dépend des moyens dont dispose la commune pour investir. À Granges, nous l'avons fait. Nous avons pu acheter un terrain qui était disponible à la vente, au centre du village. Cela nous a permis de créer six appartements, en plus d'une salle communale. Notre volonté est que ces appartements puissent être occupés par des jeunes ou des séniors du village. Et ça fonctionne. D'ailleurs, nous sommes légèrement en dessous du prix du marché, tout en assurant un rendement pour la commune. 

Marie Levrat: Je salue ce type de démarche. Le problème, c'est que toutes les communes n'ont pas les moyens de faire ceci ou pas la volonté de le faire. Et ça, je le déplore. Mais je pense vraiment qu'une porte de sortie à cette crise, c'est l'action des collectivités publiques.

L'interview complète est à retrouver ici:

La Télé / RadioFr. - Vincent Dousse / Cloé Pichonnat, Maëlle Robert
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