Elections cantonales: un faible intérêt populaire
Les élections cantonales du 8 novembre approchent à grands pas. Pourtant, la campagne peine à passionner.

Ce sont les politiciens eux-mêmes qui le disent. Les journalistes le sentent aussi. La campagne en vue des élections cantonales du 8 novembre ne déchaînent pas les passions.
Savio Michellod brigue un nouveau mandat au Grand Conseil. "La campagne a de la peine à prendre. La population ne montre pas un grand intérêt", regrette le PLR Veveysan.
Savio Michellod siège au Grand Conseil depuis 2020. Il donne un exemple: "plus les scrutins passent, plus les politiciens se retrouvent entre eux pour organiser des débats et discuter politique."
Le regret est d'autant plus fort que l'échelon cantonal prend des décisions tangibles pour la population. "On prend des décisions qui ont des conséquences directes sur la vie des citoyens, que ce soit dans le domaine de l'éducation, de la santé, aussi de la mobilité", liste le Veveysan.
Une participation en chute libre
Le constat est le même du côté d'Hubert Dafflon, Centriste de Grolley, au Grand Conseil depuis 2015. "Je souhaiterais qu'il y ait beaucoup plus de participation de la population à toutes ces élections."
Dans les faits, ce désintérêt se traduit par une participation plus faible que la moyenne nationale. Selon l'Année Politique Suisse, le canton de Fribourg se situe en-dessous de 40%, sauf en 2011, année où le scrutin cantonal coïncidait avec les fédérales. En 2021, le participation s'élevait à 37%. Elle était de 57% en 1981.
Pourquoi ce désintérêt?
Les deux élus n'ont pas de réponses à ce désamour. "Peut-être que les gens estiment que le travail est fait", positive Hubert Dafflon. C'est ce que les études appellent l'abstention de confiance.
D'autres études montrent que la démocratie semi-directe suisse peut fatiguer le corps électoral, parce qu'il est souvent appelé aux urnes pour des votations. Ces dernières, et leurs aspects très concrets, peuvent aussi prendre le pas sur les élections et le travail parlementaire. Le citoyen peut aussi choisir ces votes: il s'abstient parfois, vote à d'autres occasions, pour devenir un votant occasionnel.
Quelles solutions?
Que faire face à ce désintérêt de la politique cantonale? "On a une heure d'instruction civique au niveau des écoles. Est-ce que ça va suffire ? Je ne sais pas. On invite régulièrement des classes à venir visiter le Parlement fribourgeois. Je suis contre l'obligation du vote, comme le prévoit le canton de Schaffouse", réagit Hubert Dafflon.
Un Parlement et un gouvernement élus par une petit frange de la population ne manquent-ils pas de légitimité? "Il n'y a pas de quorum, de minimum dans les participations. Mais on peut vraiment se poser la question. C'est en tout cas pas de la faute des candidats et puis des politiciens. Je ne vois pas d'autre solution que toujours expliquer. Peut-être que c'est un travail entre politiciens et médias aussi d'inciter les gens à aller voter", conclut Hubert Dafflon.