Interdire les boissons énergisantes au moins de 16 ans

Une motion demande que les "energy drinks" ne soient plus accessibles aux ados fribourgeois. Une diététicienne soutient cette proposition.

Les ados ne devraient pas consommer des boissons énergisantes, selon une diététicienne (photo prétexte). © Envato

Deux députés, le Vert François Ingold et la PLR Sophie Moura, proposent d'interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Estimant que les Red Bull et autres "energy drinks" sont dangereux pour les ados, ils ont déposé le 8 octobre une motion en ce sens.

Concrètement, en termes de caféine, boire une seule bouteille ou canette suffit à dépasser les valeurs recommandées chez les jeunes, soit 100 mg au maximum par jour pour un enfant de 12 ans. Et ce, sans compter que d'autres boissons consommées par les ados, comme le Coca-cola, peuvent également contenir de la caféine. De plus, les boissons énergisantes contiennent généralement d’autres substances, comme la taurine, qui augmentent encore l’effet de la caféine.

La diététicienne Marilyne Seydoux-Perroud, du cabinet Nutripassion, partage les inquiétudes des députés. "La caféine va agir sur plusieurs systèmes. Pour commencer, le système nerveux central va être affecté et cela peut produire de l'anxiété, de l'agitation ou des maux de tête, par exemple. La caféine peut aussi agir au niveau du système cardiaque, le système respiratoire et même le système rénal et urinaire. Enfin, la caféine peut aussi être à l'origine d'inconforts au niveau digestif, notamment avec des nausées ou des douleurs au niveau de l'intestin. Ainsi, le surdosage de caféine peut être néfaste, notamment sur le long terme", décrit-elle.

Interdire et informer

Marilyne Seydoux-Perroud soutient la proposition des députés d'interdire les boissons. Mais, pour elle, cela ne suffit pas. "Ces boissons ne sont pas banales. Donc, effectivement, d'un point de vue physiologique et santé, c'est tout à fait judicieux de proposer qu'elles ne soient pas autorisées pour les moins de 16 ans. Mais je pense que c'est aussi important de pouvoir informer ces jeunes des risques de consommation et les sensibiliser au fait qu'elles ne doivent être pas consommées au-delà d'une certaine fréquence."

En plus de la caféine, le taux de sucre des boissons énergisantes peut aussi être problématique. Et ce, même lorsqu'elles sont consommées dans le cadre d'une pratique sportive. "Leurs concentrations en sucre sont trop élevées, par rapport à ce que notre corps est capable d’assimiler", explique la diététicienne.

Ne pas négliger l'effet de groupe

Enfin, cette dernière souligne que les ados ne les consomment pas toujours pour leur effet énergisant. "Avec ces boissons, on recherche normalement une meilleure endurance, une meilleure performance physique et intellectuelle ou à mieux se concentrer. Ce sont du moins les explications données par les jeunes et les messages marketing. Mais ces effets ne sont pas toujours au rendez-vous, ou alors uniquement sur du très court terme", prévient Marilyne Seydoux-Perroud.

La nutritionniste ajoute que, selon elle, "il y a un effet de groupe et une envie de boire quelque chose de sucré. Ces boissons véhiculent aussi une image fun. Et, à ce niveau, je pense qu'il est possible de les orienter vers des boissons qui ne sont pas liées à ces substances problématiques." À noter que, mi-septembre, le Grand Conseil valaisan a adopté une interdiction similaire à celle voulue par les députés fribourgeois.

RadioFr. - Julien Tinner
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