Le Fribourgeois Michel Aebischer trouve sa place à Berlin
Tant les supporters berlinois que l'entraîneur apprécient les qualités humaines et footballistiques du milieu de terrain fribourgeois.

Michel Aebischer correspond parfaitement à l'Union Berlin, le club de Bundesliga qu'il a rejoint cet été en provenance de Pise. Le milieu de terrain fribourgeois incarne le pragmatisme et la mentalité de travailleur propres au club de la capitale allemande.
Aebischer ne cherche pas à attirer l'attention et ne joue pas de manière spectaculaire, mais fait son travail sans faire de bruit. Ce n'est pas un hasard s'il parvient à bien déconnecter après les matchs. "Je n'ai jamais versé de larmes après une défaite et je n'ai aucun problème à dire que j'ai mal joué, explique-t-il à Keystone-ATS. Bien sûr, le football est mon métier et il occupe une place déterminante dans ma vie. Mais j'essaie de trouver un bon équilibre. Il y a d'autres choses plus importantes."
Il souhaite également transmettre cette décontraction à ses coéquipiers. "Ici, la mentalité de travailleur est très forte", souligne Aebischer. Vouloir toujours en faire davantage n'est toutefois pas forcément la meilleure solution et peut conduire à se mettre trop de pression. "J'essaie d'aider à ce niveau-là."
Polyvalent, il incarne l'équilibre
A Bologne, où il a évolué entre 2022 et 2025, Aebischer était surnommé "l'Equilibratore". Ce surnom lui avait été donné parce qu'il assurait l'équilibre entre l'attaque et la défense. Sa grande polyvalence constitue également un atout précieux. Il n'est ni le plus rapide ni le plus fort dans les duels, mais possède une excellente compréhension du jeu.
Son nouvel entraîneur, Mauro Lustrinelli, qui a rejoint Berlin après avoir mené le FC Thoune au titre de champion de Suisse, souligne cette qualité. "Il apporte beaucoup à l'organisation. Quand tu lui donnes une consigne, il l'applique simplement. Ou lorsque l'adversaire change quelque chose, il est capable de le détecter sans que j'aie besoin de lui dire quoi que ce soit. Il prend immédiatement ses responsabilités. Il est incroyablement important pour l'équilibre de toute l'équipe", explique le Tessinois.
Un pilier de la Nati
Aebischer fait ainsi partie du noyau régulier de l'équipe de Suisse. Il a participé aux trois derniers grands tournois internationaux. Son match d'ouverture à l'Euro 2024, à Cologne, reste inoubliable. Lors de la victoire 3-1 contre la Hongrie, il avait inscrit un but et délivré une passe décisive. Il considère cette rencontre comme le point culminant de sa carrière.
Aebischer s'est bien acclimaté à l'Union. Il vit en plein centre-ville avec sa femme, qu'il a épousée cet été. Il connaissait déjà Lustrinelli, qui avait été son entraîneur en équipe de Suisse M21. Le Tessinois est-il toujours le même ? "En tant que personne, il n'a pas changé. Il est toujours très ouvert et énergique. Il est exigeant. Comme entraîneur, il a naturellement évolué et a trouvé son style de jeu."
Lustrinelli mise sur un football intense et sa patte se fait de plus en plus sentir à l'Union. En tout cas, le 0-0 contre le Borussia Dortmund, samedi, était mérité. Une semaine auparavant, les Berlinois avaient décroché leur première victoire en Bundesliga sous ses ordres en battant 1-0 l'étonnant Elversberg. Lors des quatre premières journées, ils n'avaient récolté qu'un point et avaient ensuite subi une défaite 7-0 contre le Bayern. L'équipe occupe néanmoins actuellement l'avant-dernière place du classement.


