Leonardo Gomez Mariaca: "L'éolien profiterait à l'économie"

Le vice-président du PVL fribourgeois est candidat au Conseil d'Etat. Il évoque sa passion pour "l'hydrocriminalité" et son soutien aux énergies renouvelables.

À 28 ans, Leonard Gomez Mariaca mène sa troisième campagne. © RadioFr.

Il n'est ni le plus connu ni le plus vieux des candidats à l'élection pour le Conseil d'État. Au contraire, âgé de 28 ans, Leonardo Gomez Mariaca est le benjamin de la course au Gouvernement. Mais ne vous laissez pas tromper par son âge, le vice-président du Parti vert'libéral fribourgeois a de l'expérience.

De l'engagement et des campagnes

Ce n'est pas la première fois que Leonardo Gomez Mariaca se lance dans une course électorale. En 2023, il avait tenté sa chance lors des élections fédérales, sans succès. Il n'a pas connu plus de réussite lors des élections communales de ce début d'année.

Loin d'être découragé, le Vert'libéral tente une nouvelle fois l'aventure. Si un poste de Conseiller d'État lui était attribué, il devrait forcément abandonner quelques-unes de ses casquettes. Leonardo Gomez Mariaca est actuellement doctorant à l'Université de Neuchâtel. Sa spécialité? "L'hydrocriminalité". Un travail qui s'inscrit à l'intersection du droit pénal économique et de l'environnement, explique-t-il. Il est également co-président de l'association ProEole Fribourg, secrétaire auprès de la Fédération romande des consommateurs ou encore président de la Commission d'égalité hommes-femmes. Un "agenda de ministre" pour celui qui rêve d'en être un.

En tant que politicien, Leonardo Gomez Mariaca est amené à lire des rapports, des comptes-rendus de séances ou encore des textes de lois. Rajoutez à tout cela, toute la littérature scientifique et judiciaire qu'il doit absorber dans le cadre de son doctorat, logiquement, l'envie de regarder un film ou une série serait légitime. Lui préfère en rajouter une couche, même quand il s'agit de se détendre. Romans, essais, BD, le Vert'libéral assure lire de tout. Sa madeleine de Proust? La bande dessinée "Léonard" qui parodie le célèbre Léonard de Vinci. Leonardo qui lit Léonard, ce n'est pas du hasard.

Dans ses aventures, l'inventeur Léonard teste régulièrement différentes machines utilisant ou produisant du vent. Leonardo (Gomez Mariaca, cette fois-ci) défend lui-même le vent et l'énergie qu'il produit grâce aux éoliennes. Nouveau hasard?

Les énergies renouvelables, une nécessité

Co-président de ProEole Fribourg, Leonardo Gomez Mariaca milite activement pour les éoliennes. Mais dans le canton, les éoliennes ne font pas l'unanimité.

RadioFr.: Les projets éoliens suscitent régulièrement des oppositions, voire des controverses dans le canton. Est-ce que vous n'êtes pas un peu déconnecté des préoccupations des habitants?

Leonardo Gomez Mariaca: On a fait le choix de la transition énergétique par la volonté du peuple de retrait du nucléaire, mais aussi par la dépendance de la Suisse, actuellement à l'étranger. On a aussi une grosse dépendance aux énergies fossiles. On le voit par exemple avec l'augmentation du prix de l'essence. Cette augmentation-là, elle est due à des facteurs très externes.

En ce sens-là, il y a un danger réel de blackout pour la Suisse ou de problèmes de tension, en plus du danger écologique que provoquent les énergies fossiles. Donc, on doit s'investir dans les énergies renouvelables.

Après, effectivement, l'éolien provoque des irritations, des crispations. Mais si on est tout à fait honnête, actuellement, le débat est plus sur la question de comment a été fait il y a dix ans le plan directeur cantonal. Quels critères pour les choix des sites? Et on a dérivé du coup de la question de savoir quelle est notre souveraineté énergétique? Quelle est l'importance des énergies renouvelables dans un contexte de réchauffement climatique?

Le réchauffement climatique pourrait réduire également le potentiel de production hydroélectrique du canton de Fribourg. Que faire?

Avec les sécheresses qui s'accumulent, on a ici une faille. Il faut aussi investir, du coup, et on retombera sur l'éolienne, mais il faut aussi investir dans le solaire. Il faut aussi investir dans le biogaz. On a aussi le bois énergie qui est un petit peu sous-exploité à Fribourg et on pourrait avoir un marché plus intéressant.

Tout ça coûte de l'argent. Est-ce que votre transition énergétique ne risque pas de retomber un peu sur le dos des consommateurs?

La transition énergétique est plutôt avantageuse. Si on regarde un exemple très bête, la mobilité, vous voyez assez facilement l'augmentation. On a parlé du prix du pétrole, mais aussi du prix du diesel qui a augmenté très rapidement, alors que l'électrique reste pour le moment moins cher du moment qu'on peut recharger chez soi et pas forcément sur les places publiques où on exige beaucoup du réseau et les prix sont assez hauts. Dans ce contexte-là, on a le Parlement qui a  récemment ouvert la possibilité de créer un droit à la prise, c'est-à-dire la possibilité pour le locataire d'exiger de son propriétaire l'installation d'une structure pour les bornes de recharge.

 

RadioFr. - Hugo Savary
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