Markus Julmy: "Notre chance, c'est le bilinguisme"

Le candidat du Centre se présente sur le ticket de l'Entente de droite. L'entrepreneur singinois évoque les défis liés à la mobilité.

Markus Julmy a lancé sa carrière politique en 2016 en se portant candidat au Grand Conseil. © Frapp/RadioFr.

Le centriste Markus Julmy vise l'un des deux sièges laissés vacants par ses compagnons de parti Jean-Pierre Siggen et Olivier Curty. À la tête du garage familial, ce père de famille de 55 ans veut créer des ponts entre les deux régions linguistiques du canton. "Notre canton a une très grande chance: celle d’être bilingue", assure-t-il. 

Markus Julmy a lancé sa carrière politique en 2016 en se portant candidat au Grand Conseil. Non élu, il accédera tout de même au Parlement cantonal en 2019, à la suite de la démission d'un député centriste. Cette même année, il est élu au Conseil communal de Schmitten, village qui l'a vu grandir.

Réélu en 2021, il souhaite à présent tenter sa chance au gouvernement fribourgeois. "Si une porte s'ouvre, il faut saisir l'occasion et se présenter", explique ce fan de Gottéron, qui devra transmettre les rênes de l'entreprise familiale en cas d'élection.

Un son d'avion aux mille symboles

Invité à nous transmettre un son qui l'inspire, le fait sourire ou le fait rêver, Markus Julmy a choisi celui du P-51 Mustang, un avion de chasse américain utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale.

"Le bruit de ce moteur et la vue de cet avion suscitent chez moi une multitude d'émotions", explique le Singinois. Ce son lui évoque la liberté et l'évasion, la fascination pour la mécanique, les souvenirs de jeunesse avec son père, mais aussi le devoir de mémoire et l'importance de préserver la paix et la sécurité en Suisse.

Une stratégie de mobilité pragmatique

Markus Julmy, Fribourg est au onzième rang des cantons les plus motorisés en nombre de véhicules par habitant. Dans le canton, environ 70% des déplacements sont effectués en voiture. Est-ce qu'il faut tout simplement moins de voitures sur les routes fribourgeoises?

Je ne voudrais pas dire qu'il faut moins de voitures, parce que notre canton est organisé de telle manière que les districts sont un peu éloignés du centre. On est donc souvent obligés de prendre la voiture pour aller au travail. Il y a quand même aussi beaucoup de bus et de lignes de train qui se sont développées dernièrement. Ça s'améliore peu à peu. Dire qu'il faut moins de voitures, ça voudrait aussi dire qu'il faudrait interdire de rouler en voiture. Et ça, à mon avis, ça ne va pas.

Vous n'aimez pas trop les interdictions?

Non, les interdictions, ça ne va pas. Il faudrait plutôt donner des impulsions pour qu'on puisse améliorer les choses et passer de la voiture au bus ou au train. Mais pour cela, il faudrait des places de parc à proximité des agglomérations, où l'on pourrait se garer et prendre les transports publics.

Le Conseil d'État parle de mobilité multimodale, entre la voiture, le bus et le train. Quelles sont vos solutions?

Évidemment, la mobilité multimodale est un gros projet. À l'entrée des agglomérations, il faudrait pouvoir construire ces places de parc et mettre en place un système qui fonctionne: on passe de la voiture aux transports publics pour arriver jusqu'à son lieu de travail.

Il faudra travailler là-dessus et vraiment donner la liberté aux communes pour qu'elles puissent construire ces places. Éventuellement, il faudrait aussi voir si l'on peut décaler les heures de travail, afin d'éviter que tout le monde se retrouve dans les bouchons le matin à 7 heures. Si on décale un peu les horaires, cela pourrait aussi aider.

Vous êtes entrepreneur. Par exemple, seriez-vous d'accord qu'un employé commence à 10 heures et termine à 20 heures?

Oui, on est en train de réfléchir à ce modèle de travail. Il y a d'autres aspects à prendre en compte, notamment le droit du travail, qu'il faudra respecter. Mais si on en discute avec les employés, surtout dans un garage ou une entreprise un peu plus grande, cela pourrait être intéressant pour certains travailleurs.

Pour un ouvrier, par exemple, cela pourrait être intéressant d'avoir des horaires comme ceux-là. Cela lui permettrait d'organiser son temps libre autrement et pourrait aussi contribuer à éviter les bouchons. On pourrait mieux organiser les horaires et faire fonctionner le garage sur des plages horaires définies. Évidemment, on pourrait éventuellement engager davantage de personnes.

Vous parliez d'inciter les gens à laisser leur voiture dans les parkings pour prendre le bus. Comment faire?

Je pense que ces places de mobilité, ces hubs pour rejoindre son lieu de travail à proximité des agglomérations, seraient vraiment une bonne chose.

Il faudrait essayer d'en augmenter l'attractivité et éventuellement inclure le trajet entre le hub et le lieu de travail dans l'offre. Autrement dit, si on gare sa voiture sur place et qu'on paie le parking, le transport public devrait être gratuit.

Comme un Park and Ride aujourd'hui. Ça ne changerait pas grand-chose par rapport à ce qui se fait déjà aujourd'hui, non?

Il faudrait davantage développer ce système. Personnellement, je ne vois pas beaucoup de ces places de Park and Ride. Il n'y en a pas forcément beaucoup, surtout dans la partie germanophone du canton.

Est-ce qu'il faudrait que le canton investisse davantage pour développer ces transports multimodaux?

Je pense que si on améliore le réseau routier, le réseau de bus et le réseau ferroviaire, notamment en augmentant les fréquences. Tout le monde y gagne.

La qualité de vie y gagne aussi. Cela peut évidemment coûter quelque chose, mais il faudrait vraiment veiller à mettre cet argent à disposition pour des solutions pragmatiques et non idéologiques.

Si vous êtes élu, vous qui venez de Schmitten, vous viendriez travailler en train, du coup?

Cela dépend un peu de l'emplacement du lieu de travail, puisqu'il peut se trouver à différents endroits, dans différentes directions. Mais si possible, oui. J'adore quand même ma voiture électrique!

RadioFr. - Léo Martinetti
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