Non au Mercosur: la gauche et des ONG lancent le référendum
Une large alliance de la société civile lance le référendum contre l’accord de libre-échange avec les Etats du Mercosur. Mardi devant la presse, elle a dénoncé les conséquences de cet accord pour la forêt amazonienne, les droits humains et l'agriculture suisse.

Une large alliance lance le référendum contre l’accord de libre-échange avec les Etats du Mercosur. Elle dénonce les conséquences de cet accord pour la forêt amazonienne, les droits humains et l'agriculture suisse.
La culture du soja à grande échelle et l’élevage intensif de bovins sont des facteurs majeurs de la déforestation dans les pays du Mercosur. L'accord ne prévoit pas de règles efficaces pour interdire les importations de produits issus de ces zones, a critiqué mardi devant la presse à Berne le conseiller national Fabian Molina (PS/ZH).
La forêt amazonienne, poumon vert de la planète, subit déjà de plein fouet les effets de la déforestation. La suppression des droits de douane sur le soja ou la viande va entraîner une hausse des importations et risque d'accentuer encore les coupes. Cela aggravera encore plus la crise climatique.
Viande aux antibiotiques
L’accord comporte aussi des risques considérables pour l’agriculture suisse. Alors que les éleveurs de bovins ainsi que les viticulteurs doivent respecter des règles strictes pour garantir la qualité élevée des produits, les pays du Mercosur connaissent des normes d'élevage beaucoup moins exigeantes.
"Nous ne voulons pas de viande issue de l’élevage intensif et produite avec des antibiotiques dans nos assiettes", estime Meret Schneider (Vert-e-s/ZH). De manière générale, l'augmentation des importations mettra sous pression l'agriculture suisse sur le plan concurrentiel.
L'alliance critique aussi la menace sur les droits des travailleurs et des populations autochtones. Le travail forcé est répandu dans les pays du Mercosur, notamment dans la production agricole. Par ailleurs, des communautés sont chassées de leurs terres pour faire place à des élavages ou des plantations. Les accords ne prévoient aucune mesure efficace pour protéger les populations contre la multiplication des conflits fonciers.
Compensations pour l'agriculture
L'accord de libre-échange, entre l'AELE, dont fait partie la Suisse, et le bloc sud-américain a été accepté par le Parlement lors de la dernière session d'automne.
Il doit permettre des économies de 150 millions de francs par année en droits de douane avec le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay (la Bolivie n'est pas comprise dans l'accord). La quasi-totalité des exportations suisses, comme le fromage et le chocolat, en seront exemptés à terme.
En contrepartie, la Suisse doit autoriser l'importation de 25 contingents, dont la viande et le vin en font partie. Le Parlement a débloqué 517 millions de francs sur six ans pour compenser les effets néfastes du traité sur l'agriculture suisse.
L'alliance contre l'accord avec le Mercosur regroupe plusieurs ONG comme Public Eye ou Voices (anciennement la Sociéte pour les peuples menacés), les partis des Vert-e-s et du PS et plusieurs acteurs de la société civile comme le vigneron genevois Willy Cretegny, qui s'était déjà opposé il y a 5 ans à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie. L’alliance a jusqu’au 21 janvier 2027 pour déposer 50’000 signatures valables.


