Sydney Sweeney: la pub fait réagir les sportives du canton

Un spot pour une application de paris sportifs, incarnée par l'actrice américaine, complètement nue, interroge sur la sexualisation du corps féminin dans le sport.

La publicité a offusqué de nombreuses sportives à travers le monde. © La Télé

La publicité a créé une polémique mondiale depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux. On y voit l'actrice américaine Sydney Sweeney dénudée et utilisant différents accessoires sportifs pour dissimuler son intimité, répéter la formule "c’est ça, le sport". Les sportives à travers le monde critique la vidéo qui relance le débat sur la sexualisation du corps féminin dans le sport.

Dans le canton de Fribourg, la vidéo fait également réagir. La championne de ski-alpinisme Marianne Fatton estime que le message passe à côté de l’essentiel. "On utilise le corps de la femme pour vendre quelque chose et, en fait, dans le sport, ce qu’on essaie de montrer, c’est plutôt de la performance, du travail et des résultats. Pas juste son corps." Une distinction importante pour la sportive, qui connaît les exigences du haut niveau et rappelle que le corps de l’athlète est avant tout un outil de performance.

Je commençais à prendre des muscles et c’est vrai qu’au début, par exemple, je ne voulais pas montrer mes bras.

Cette question peut aussi avoir des conséquences sur le rapport que les jeunes sportives entretiennent avec leur propre corps. Marianne Fatton se souvient de ses débuts: "Je commençais à prendre des muscles et c’est vrai qu’au début, par exemple, je ne voulais pas montrer mes bras". Selon elle, la multiplication de représentations très sexualisées pourrait renforcer certains complexes ou comportements problématiques liés à l’image corporelle.

Un enjeu que relève également Isabelle Azizi, psychologue spécialisée dans le rapport au corps. "On fait paraître le corps des sportives comme étant encore quelque chose qui doit être désirable, alors que le corps d’une sportive, c’est surtout un corps qui permet de performer, qui est fort, qui peut nager, sauter, soulever, se reposer aussi." Pour elle, la sexualisation devrait donc être absente de la représentation du corps sportif.

Des tenues courtes réglementaires 

La gymnastique est particulièrement concernée par ces questions. Les tenues laissent une grande partie du corps visible. La gymnaste Justine Dousse explique avoir grandi avec cette réalité. "C’est vrai aussi qu’on finit un mouvement ou une compétition et qu’on a les fesses à l’air. Il y a quand même un petit moment où on sort de notre élément." Elle souligne aussi les contraintes du règlement. Si les gymnastes peuvent notamment choisir de couvrir leurs bras, le short reste court et moulant. Et une tenue mal ajustée pendant la compétition peut entraîner une pénalité.

Au basket, on est peut-être moins sexualisées. Mais, pour les gymnastes, ça doit être compliqué.

Pour Camila Martinez, joueuse à Elfic Fribourg, la situation est un peu différente au basket: "C'est normal que la pub ait fait réagir. Au basket, on a la chance d’avoir un short un peu plus long et un t-shirt un peu plus ample. Donc, on est peut-être moins sexualisées. Mais, en tant que gymnaste, ça doit être compliqué." Une différence de tenue qui n’efface pas le débat lancé par cette publicité.

La polémique autour de Sydney Sweeney fait ainsi écho à des évolutions plus larges dans la manière de filmer et de représenter les sportives. De nouvelles normes ont été introduites pour encadrer les prises de vue lors des compétitions internationales, avec l’objectif d’éviter certains cadrages mettant inutilement en avant les corps des athlètes.

Regarder l'intégralité du reportage de La Télé:

La Télé - Thibaut Clémence / Solène Hediger
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