Alain Berset plaide pour un Conseil de sécurité européen
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Alain Berset, a plaidé mardi pour la création d'un Conseil de sécurité européen.

"L’Europe doit disposer d’un lieu où sa sécurité collective pourra être pensée, décidée et garantie dans le cadre du droit. Un véritable Conseil de sécurité européen", a déclaré le Fribourgeois selon la version écrite de son discours prononcé lors de la conférence intitulée "Quelle sécurité démocratique dans une Europe qui se réarme?", qui a eu lieu à la Fondation Jean Monnet pour l'Europe de Lausanne.
L'ancien conseiller fédéral estime que le monde vit actuellement la troisième phase de "déconstruction du droit international" dans laquelle "seules les impulsions et le pouvoir des puissants régissent les relations". Il faisait notamment référence au renversement du président vénézuélien Nicolás Maduro lors d'une action militaire américaine et aux tensions autour du Groenland suite aux menaces du président des Etats-Unis Donald Trump d'annexer le territoire autonome danois.
Audace requise
Selon Alain Berset, la phase actuelle constitue un "moment de bascule". "C’est une situation qui requiert une vision audacieuse de l’Europe, claire et fondée sur les valeurs", a-t-il poursuivi, toujours selon la version écrite de son discours.
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe s'est défendu de plaider contre le réarmement, qu'il a qualifié de "nécessaire" et "urgent". Cependant, "la puissance militaire ne protège une démocratie que si la démocratie reste assez forte pour la contrôler", a-t-il souligné.
Garantir la sécurité démocratique
Il a estimé que l'Europe avait besoin de "sécurité fondée sur la démocratie et sur des règles établies et prévisibles". Dans cette optique il a exhorté à "une approche commune de la sécurité démocratique" et pas seulement militaire, afin de garantir entre autres "des tribunaux indépendants, des élections transparentes, des limites claires aux pouvoirs d’exception, des médias libres capables de demander des comptes à ceux qui gouvernent".
Toujours selon le Fribourgeois, le rôle du Conseil de l'Europe est actuellement "de tenir ce qui ne peut pas céder: la démocratie, les droits humains et l'Etat de droit". Il estime que "trois éléments indissociables" sont nécessaires à cela: un cadre juridique stable, une capacité de décision reconnue et une permanence institutionnelle. Des éléments qui seraient rendus possibles par la mise sur pied d'un Conseil de sécurité européen.


