L'opéra sur Charles le Téméraire fait faillite
Créé à l'occasion des 550 ans des batailles de Morat et Grandson, l'opéra consacré à Charles le Téméraire tombe à l'eau. Les 24 représentations prévues au château de Villars-les-Moines ont été annulées en raison d'une vente de billets insuffisante.

L'aventure s'arrête brutalement. Créé pour célébrer les 550 ans des batailles de Grandson et de Morat, l'opéra «Charles – Du Hardi au Téméraire» ne sera finalement jamais joué à Villars-les-Moines. Les 24 représentations prévues entre juillet et août ont été annulées, faute d'un nombre suffisant de billets vendus, a annoncé l'association Lumen Canor dans un communiqué.
Selon l'association, les préventes sont restées «très en deçà des projections établies lors du montage du projet». Ce manque de recettes a créé «un déséquilibre financier» qu'aucune mesure n'a permis de corriger. Le comité affirme avoir préféré mettre un terme à la production «plutôt que d'aggraver la situation».
L'association se dit désormais insolvable et indique avoir engagé les démarches en vue d'une mise en faillite. Les détenteurs de billets, comme les autres créanciers, seront informés de la procédure à suivre pour faire valoir leurs droits dans le cadre de la liquidation.
Une billetterie qui n'a jamais décollé
Les difficultés étaient déjà apparues début juillet. Freiburger Nachrichten révélaient que seuls 197 billets avaient été vendus pour la série de Villars-les-Moines, soit à peine huit spectateurs par représentation pour une tribune de 312 places.
D'après 24 heures, les organisateurs avaient d'abord envisagé un report avant de repousser la première au 30 juillet. Les détenteurs de billets avaient été invités à choisir une nouvelle date, tandis que la billetterie avait été temporairement fermée. Quelques jours plus tard, l'abandon définitif du projet était annoncé par courriel.
Une centaine de personnes touchées
L'annulation laisse sur le carreau près d'une centaine de personnes. Le spectacle mobilisait 18 chanteurs, 25 musiciens professionnels, des chanteurs amateurs, une cinquantaine d'enfants ainsi que les équipes techniques, pour un budget estimé à 1,8 million de francs.
Interrogé par 24 heures, le chef d'orchestre François Voeffray évoque «un sentiment général de gâchis», saluant la qualité artistique du spectacle malgré son échec financier. Plusieurs artistes expliquent également n'avoir reçu qu'une partie de leur rémunération et craignent désormais les conséquences de la faillite.
Des billets jusqu'à 490 francs
Toujours selon 24 heures, plusieurs professionnels pointent un modèle économique trop ambitieux. L'équilibre financier reposait largement sur la billetterie, avec des places proposées jusqu'à 490 francs, repas compris, avant que les tarifs ne soient revus à la baisse.
Le quotidien rapporte également que l'association Grandson Murten 1476 avait refusé de soutenir financièrement le projet, jugeant son budget trop élevé.
Malgré «le succès artistique» des premières représentations à Grandson, mis en avant par Lumen Canor, la fréquentation n'a jamais permis d'assurer la viabilité financière de cette ambitieuse fresque historique bilingue.


