Vidéo: rencontre avec l'un des meilleurs apnéistes au monde
Mathieu Maraio, ancien pompier de Paris devenu champion d'apnée, a posé ses palmes en Suisse romande pour un workshop de cinq jours. Rencontre.
Une journée d’entraînement à la piscine de Chiètres, sept plongeurs en combinaison et, au bord du bassin, chronomètre à la main, un homme qui retient son souffle depuis plus de dix ans. Mathieu Maraio, apnéiste professionnel parmi les dix meilleurs du monde en profondeur, était en Suisse romande la semaine dernière pour encadrer un stage de perfectionnement. Une occasion pour les passionnés de bénéficier de l’expertise d’un athlète de haut niveau.
Ce workshop, qui s'est déroulé du 7 au 11 juillet, a réuni sept participants, originaires de Suisse et de France, de niveaux et d’âges variés, autour de cinq journées de formation intensive. Quatre séances en lac – à Boudry sur les rives du lac de Neuchâtel – pour travailler les disciplines de profondeur, tandis que la journée du 9 juillet à Chiètres était dédiée à l'apnée statique, la dynamique et la préparation mentale.
C’est un sport axé sur soi avant d’être axé sur la performance
Un entraînement complet
Mathieu Maraio est un ancien pompier de Paris. C’est lors de voyages en Asie qu’il a découvert l’apnée, avant de s’installer aux Philippines pour devenir instructeur. "J’avais d’abord envie d’enseigner, de partager ma passion. Et puis j’ai découvert la compétition, jusqu’à mon premier championnat du monde en 2017."
Pour lui, l'apnée est aux antipodes d'un sport d'élite. "Il se pratique à tout âge. On travaille le souffle, la relaxation, la conscience de soi. Dans le monde d’aujourd’hui, on va en avoir de plus en plus besoin. C’est un sport axé sur soi avant d’être axé sur la performance", insiste-t-il.
En tant que professionnel, il décrit un entraînement complet, qui évolue selon les saisons et les objectifs. "En ce moment, je suis sur une phase de profondeur. Je travaille beaucoup le cœur, le cardio-vasculaire avec du vélo, de la course, de la natation et de la musculation. Puis, à l’approche des compétitions, on entre dans le spécifique."
Le Français peut atteindre 110 mètres de profondeur en apnée. De quoi donner le vertige si vous êtes thalassophobe. Pour lui, le mental est clé : "Je considère qu’une plongée profonde, c’est 80 % de mental. On utilise des techniques de visualisation et de respiration pour abaisser le rythme cardiaque et gérer la peur. C’est un état de focus ultime."
"Il faut être détendu"
Cet état, c'est exactement ce qui plaît à Gilles, l'un des participants. Ce Français de 63 ans s'est lancé dans l'apnée à la retraite, il y a trois ans. "Il y a tout un travail qui se fait sur la gestion du souffle", explique-t-il. "C'est hyper intéressant et, au-delà du plaisir qu'on peut avoir dans l'eau, ça apporte du bien-être. Ça nous permet de nous détendre, mais aussi de travailler sur les raideurs physiques."
Mais, évidemment, cela demande aussi du travail : il faut apprendre à lutter contre son instinct. "La gestion du souffle est très difficile aussi au début", témoigne le retraité, dont le record en apnée est de 3 minutes 13. "On est dans l'eau, un milieu hostile, alors on force pour retenir sa respiration, alors qu'en fait, il faut être détendu. C'est là la plus grosse difficulté, je pense."
Son conseil pour les débutants ? "Aller voir un club, ne jamais faire d’apnée seul, et se laisser guider."


