Au coeur du carnaval avec les commissaires de guggen
Pour guider les musiciens à travers le programme chargé du week-end du carnaval des Bolzes, à Fribourg, deux bénévoles sont attribués à chaque formation.

Avec leurs trois batteries, leurs tubas décorés et leurs capes aussi bariolées qu'une poignée de confettis, les musiciens du Loitchou's Band ont fière allure dans les rues de Fribourg, ce samedi après-midi. Arrivé le jour-même du canton du Jura, la guggen enchaîne les représentations. "On a commencé vendredi soir au Noirmont. On vient faire deux jours au carnaval de Fribourg et on termine en rentrant le dimanche soir avec une fête pour les gens du coin" liste David, l'un des trompettistes de la bande.
Le programme s'annonce donc chargé. Après un premier concert devant la gare, le groupe descend petit à petit vers la Basse Ville, en s'arrêtant régulièrement en chemin pour jouer quelques titres. Il y aura ensuite la cérémonie de la remise des clés, le défilé de nuit à 20h30 et d'autres concerts dans les bars pendant la soirée, avant de pouvoir profiter librement du reste des festivités à partir de minuit. Mais attention: le lendemain à 8h, il faut être prêt pour aller déjeuner et se remaquiller avant le départ du grand cortège.
"Sans eux, on serait perdus!"
Pour les aider à s'y retrouver dans cet agenda de ministre, les Jurassiens sont heureusement accompagnés d'un duo de bénévoles: Romain et Steven. Les deux Fribourgeois sont commissaires de guggen pour la cinquième année de suite. Ils accompagnent les musiciens dans leurs déplacements, leur transmettent les informations importantes et leur font découvrir la ville pendant le week-end. "Sans eux, on serait perdus!" s'affole Nathalie, la présidente du Loitchou's Band. "Dans certains carnavals, on découvre de nouveaux commissaires à chaque fois. Mais à d'autres endroits, comme le carnaval de Maîche, en France, on a la même commissaire quasiment chaque année. Il y a un certain lien qui se crée", décrit la responsable.

Les deux compères se sont lancés dans ce rôle un peu par hasard. "De base, c'est ma femme, qui vient de Fribourg, qui était bénévole au carnaval des Bolzes. On devait faire commissaires ensemble il y a quelques années", confesse Romain. Mais le jour venu, sa compagne tombe malade: impossible d'assurer l'accueil de la guggen. Steven, un copain de longue date de Romain, prend alors le relai, et les deux amis s'inscrivent depuis ensemble. "On ressort avec un week-end fort en émotion, des très bons souvenirs et beaucoup de fatigue", raconte Steven avec le sourire. "Chaque année, on a une guggen différente, on fait de nouvelles rencontres et on sympathise beaucoup avec ces gens-là. Certains nous ont même invités dans leur carnaval à eux!"
Avec des troupes en provenance du Valais, de Vaud et de France, l'accueil des guggens mobilise au total 10 commissaires. "L'important est surtout de savoir amener les musiciens au bon endroit au bon moment", détaille Romain. "C'est très important d'avoir des gens qui savent les orienter pour être le plus efficient possible et éviter les retards." Même si tout ne peut pas être parfait: "Un carnaval à l'heure, ce serait pas vraiment carnaval!", plaisante Romain.


