Rencontre avec Adeline Jaquet, dénicheuse de trésors

La Brocante de la Gruyère est de retour à Espace Gruyère du 23 au 25 janvier. Parmi les exposants figure Adeline Jaquet, acheteuse emblématique de l’émission Affaire conclue sur France 2. Interview.

Interview d'Adeline Jaquet dans Fribourg fait maison. © La Télé

La 26e édition de la Brocante de la Gruyère se déroule du 23 au 25 janvier 2026 à Espace Gruyère. Plus de 250 stands sont à dispotition des collectionneurs ou des passionnés d'objets. Parmi tous ces stands, figure celui d'Adeline Jaquet, acheteuse à l’émission "Affaire conclue" diffusée sur France 2. Interview.

La Télé: A la veille de l'ouverture d'une brocante, dans quel état d'esprit se trouve la brocanteuse que vous êtes?

Adeline Jacquet: Alors à la veille d'une brocante, on est plein de fougue, on est plein d'excitation, on est encore plein d'énergie. Le dernier jour, on est un peu plus fatigué, mais souvent très heureux aussi. Là, on est dans la belle phase et puis on a hâte surtout, on a hâte de voir ce que cette brocante nous réserve.

La Télé: Des brocantes, vous en avez visité énormément, pris part à beaucoup de brocantes. Est-ce que celle de la Gruyère, elle a quelque chose de particulier à titre personnel ou professionnel?

Adeline Jacquet: Oui, aux deux titres, je dirais. À titre personnel, c'est la première brocante que j'ai faite il y a trois ans. Donc c'est la troisième année que je la fais maintenant. Et on m'a dit, d'ailleurs ce sont des collègues marchands qui m'ont dit: "Si tu dois en faire une, vraiment, il faut que tu fasses celle de Bulle."

La Télé: Ça c'est des Gruériens qui vous l'ont dit?

Adeline Jacquet: Ah non, beaucoup même. Mais c'est vrai que je me suis dit, il faut que je tente, je vois un petit peu comment ça se passe, l'ambiance. Et effectivement, je n'ai pas été déçue. Et c'est pour ça qu'aussi professionnellement maintenant, ça fait complètement sens d'y revenir chaque année. C'est la plus grande en salle de Suisse, c'est la plus importante d'ailleurs. Et surtout, c'est très, très bien organisé par toute l'équipe d'Espace Gruyère et de Suisse Brocante. Et franchement, c'est professionnel, on s'y sent bien. Et alors les visiteurs sont toujours au rendez-vous et il y a de très beaux objets et de très bons marchands.

La Télé: Alors Adeline, vous avez un stand ce week-end du côté d'Espace Gruyère. On va trouver quoi sur votre stand?

Adeline Jacquet: Alors sur mon stand, on va trouver de la diversité. Je dirais que c'est le concept même. Finalement, je mélange beaucoup les styles, je mélange les époques, je mélange les types de pièces. Ça peut être des pièces signées, ça peut être des pièces design, des pièces des années 70, du scandinave. Je mélange les matériaux, j'aime beaucoup mélanger les matériaux finalement. Donc que ça soit de la céramique, que ça soit du bois, que ça soit du bronze. J'ai des choses beaucoup plus classiques aussi. Et ce que j'aime montrer, c'est que finalement, mélanger tous ces styles, ça marche. Mélanger ces époques, ça marche. À partir du moment où on a un fil conducteur qui est la qualité et aussi la passion derrière les objets.

La Télé: Justement, des brocantes comme celle de la Gruyère, on voit qu'il y a chaque année beaucoup de monde qui y vont. Ça se compte en milliers de personnes, de visiteurs. Mais est-ce qu'on fait vraiment beaucoup d'affaires dans cette brocante?

Adeline Jacquet: Alors oui, nous en tant que marchands, on fait de très belles affaires. Pourquoi? Parce que ce nombre de visiteurs, ce sont quand même des gens qui sont réellement demandeurs, acheteurs et intéressés. Déjà, dans cette brocante-là de la Gruyère, les entrées sont payantes. Du coup, les gens qui viennent, viennent vraiment pour se meubler, pour se décorer, dénicher les petites pépites rares qu'ils ne trouveraient pas ailleurs. Et ce sont des gens passionnés par le vintage, le design et qui vont vraiment venir en mode chasse au trésor. Donc nous, en tant que marchands, on est là pour leur proposer des nouvelles pièces chaque année, les surprendre. On se surprend à vouloir les surprendre chaque année parce qu'on a des habitués qui reviennent. Et voilà, c'est une très belle façon de travailler.

La Télé: Alors vous avez votre stand, mais vous allez aussi animer des estimations d'objets durant le week-end. Donc chacun peut venir avec son objet, c'est ça?

Adeline Jacquet: Exactement. Toute personne peut s'inscrire ou venir avec son objet. Et puis, je serai avec mon collègue Stéphane, dont le nom de famille est imprononçable, mon collègue belge, adorable, qui du coup pour la deuxième année aussi revient avec moi pour faire ces estimations. Et puis du coup, monsieur et madame Tout-le-monde peut venir avec une petite pépite qu'on va pouvoir estimer ensemble. Et puis aussi découvrir des fois avec eux l'histoire de leur objet. Parce que plein de gens, en fait, ont des trésors chez eux sans en connaître l'origine, l'histoire et la valeur finalement.

La Télé: Au début de l'émission, j'ai promis à Vincent que j'allais essayer de vous vendre cette magnifique radio.

Adeline Jacquet: Essayez de me vendre, même pas juste estimer, c'est de mieux en mieux.

La Télé: Plus sérieusement, comment vous procédez pour estimer ? Quels sont un petit peu les critères peut-être?

Adeline Jacquet: Alors, évidemment que ça dépend de tout type d'objet qui tombe dans nos mains. Tout objet finalement, alors il y a une provenance. Souvent on vous demande d'où vient l'objet, quelle est son histoire, parce que ça peut nous permettre de situer l'objet. Il y a certaines choses qui ne trompent pas, c'est finalement les signatures: est-ce que la pièce est signée? La qualité de l'objet: quels sont les matériaux, comment est fini le travail ? C'est dans des petits détails, mais à force d'avoir des objets dans les mains continuellement, on repère très vite. Et puis après, il y a les tendances, parce qu'il y a des objets de très belle qualité, mais qui aujourd'hui sont beaucoup moins recherchés, surtout par une jeune clientèle. Et puis il y a des objets qui ont la cote. Et je vais quand même vous dire une bonne nouvelle: votre objet (radio), il a quand même un peu la cote. Pourquoi? C'est vraiment vintage, c'est super déco. On veut un intérieur un peu pop, un peu vintage. Pour le coup, c'est clair, ça va très bien. Donc je vais vous donner une estimation qui n'est que pour l'aspect décoratif.

La Télé: On a dit aussi que vous participez à l'émission "Affaire conclue" sur France 2. Vous vous êtes vraiment lancée dans la brocante en 2020-2021 avec "Pépites et Cerisiers", qui est finalement votre entreprise maintenant. Il y a aussi l'émission sur France 2. C'est devenu, au-delà d'un vrai métier, aussi une véritable passion pour vous, la brocante?

Adeline Jacquet: Complètement. Ce métier-là, si ce n'est pas devenu une passion, on ne peut pas le faire. Parce qu'on ne compte pas nos heures. Et en même temps, nos heures sont tellement peu pénibles parce qu'on découvre des choses. Mon frère m'a dit, pas plus tard qu'à Noël, il m'a dit: "En fait, ton métier, c'est finalement le métier qui se rapproche le plus d'un métier de chasseur au trésor." Finalement, c'est vrai que c'est très fun dit comme ça. Et oui, du coup, ça fait bientôt six ans que j'ai mon entreprise et cinq ans que je fais l'émission. Et c'est une très belle histoire du COVID, finalement, et de très belles surprises et des rencontres incroyables.

La Télé: Justement, vous parlez, tout a commencé un peu pendant le COVID. Vous faites peut-être partie des rares personnes pour qui le COVID a été positif?

Adeline Jacquet: Oui, tout à fait. Effectivement, j'étais dans une transition professionnelle à ce moment-là. Donc le COVID mettant à l'arrêt beaucoup de choses, j'ai commencé à faire un peu de brocante dans ma grange en hobby et allez savoir, il y a de très belles surprises dans la vie. Et puis, effectivement, l'émission m'a contactée assez rapidement et j'ai commencé comme ça. Et je ne me suis pas cachée aussi d'apprendre au fur et à mesure. Puis c'est un métier dans lequel on apprend continuellement. Donc c'est toujours le cas aujourd'hui.

La Télé: On voit, pour ceux qui regardent à la télé l'émission, quelques images d'"Affaires conclues". Est-ce qu'il y a une vraie concurrence entre les acheteurs? Est-ce que vous vous tirez un peu la bourre?

Adeline Jacquet: Je dirais que les jeux sont sincères. Les jeux sont sincères, c'est-à-dire que les objets qu'on achète, on les reçoit dans notre boutique après et on les propose à nos clients. Donc si on veut vraiment l'objet, ceux qui nous embêtent, nous embêtent. Donc c'est de bonne guerre. Mais comme dans notre métier en général, après, on a une très bonne entente sur le plateau et hors plateau. Ce qui fait qu'en fait, on fait des affaires, chacun fait ses affaires, et puis après on se retrouve pour l'apéro.

La Télé: Pour terminer, Adeline Jacquet, trois mots qui définissent une bonne brocanteuse?

Adeline Jacquet: Alors, la passion. Comme je vous l'ai dit, c'est nécessaire. Il faut de l'écoute, je dirais, beaucoup. Il faut de l'écoute pour celui à qui on va essayer de vendre la pièce, comprendre son besoin, mais surtout pour celui à qui on achète les objets. Pour vraiment dénicher de belles pièces, il faut comprendre d'où il vient. Il faut prendre le temps avec les gens, comprendre leur histoire et l'histoire de leurs objets pour pouvoir les retransmettre. Ça, c'est très important. Et puis, j'ai dit la passion, de l'écoute, et puis il faut avoir une certaine envie de prendre des risques. Définitivement, ça c'est sûr.

La Télé: En tout cas, merci beaucoup d'être passée, partager votre passion pour la brocante, Adeline Jacquet. On vous souhaite une bonne brocante de la Gruyère pour ce week-end. Et au plaisir de vous revoir, soit à la télé, soit dans une brocante.

La Télé - Gaël Longchamp / Adaptation web: Yann Roulin
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