C. Winston: “S’aimer soi-même, c’est le défi de la vie! ”

Charlie Winston, c’est près de 20 ans de carrière, toujours la même énergie et un 6ème album “Love Isn’t Easy”. Rencontre au Venoge Festival.

Interview de Charlie Winston au Venoge Festival le 15 août 2026. © Radio Fribourg & Frapp

Radio Fr.: Il y a bientôt un an, tu sortais ton sixième album, “Love Isn’t Easy” - L’amour n’est pas facile. Une année plus tard, est-ce que tu le penses toujours ou c’est devenu un peu plus facile?

Charlie Winston: Je ne sais pas… En fait, quand je dis “Love Isn’t Easy”, on peut penser que c’est un message négatif, mais pour moi, il est plutôt positif.

C’est aussi intéressant que j’aie commencé à parler de l’amour à ce moment de ma vie. Quand j’avais 12 ans, mes parents, qui écrivaient eux aussi des chansons, m’ont dit: “Tu peux choisir beaucoup d’autres sujets que l’amour. Tout le monde en parle dans les chansons!” Pendant ma carrière, je n’ai donc jamais attaqué directement ce sujet. Mais après seize ans de mariage, deux enfants, une carrière et beaucoup d’expériences différentes de l’amour, je me suis dit que c’était le bon moment. Après, je ne sais pas si j’aurai toujours le même sentiment l’année prochaine! (rires)

Cet album parle d’amour, mais tu en explores beaucoup de formes différentes: l’amour romantique, l’amitié, les liens familiaux et même l’amour de soi. Quelle forme d’amour a été la plus difficile à mettre en chanson pour toi ?

Mmmhh… C’est une très bonne question… Je pense à la dernière chanson de l’album, “She Woke Up”. Elle parle de l’émancipation d’une femme. Pour moi, c’était important de me mettre à sa place, “dans sa tête”, pour essayer de comprendre ce qu’elle pouvait penser et tout ce qu’elle traverse lorsqu’une relation devient vraiment difficile. Cette chanson a été compliquée à écrire parce qu’elle parle aussi de ce moment où l’on arrive à un certain stade dans une relation. C’est dur. Lorsqu’on vit une longue relation, il y a des hauts et il y a des bas.

Il y a également la chanson “Love Isn’t Easy”, parce que je voulais parler de l’amour d’une manière un peu existentielle. Parce que l’amour peut aussi être ambiguë, même si cette ambiguïté fait aussi sa beauté.

Dans “Perfect Conditions”, tu évoques l’importance de s’aimer en acceptant que rien ne sera jamais parfait. Qu’est-ce qui est le plus difficile pour toi: aimer les autres ou t’aimer toi-même?

M’aimer moi-même, bien sûr! C’est le challenge de toute une vie! Tant que l’on ne parvient pas à s’aimer soi-même, je pense qu’il est très difficile d’aimer complètement les autres. Tout ce qui se passe à l’extérieur est aussi le reflet de ce qui se passe à l’intérieur. On cherche souvent à l’extérieur ce que l’on recherche en nous. Je l’ai fait dans les relations que j’ai vécues avant de rencontrer ma femme, mais aussi avec elle au début de notre histoire.

Dans ma vingtaine, je cherchais dans mes relations des réponses à des choses plus difficiles vécues dans ma famille, avec mes parents. Je voulais trouver des réponses et des solutions à tous les traumatismes de la vie. Finalement, j’ai compris que ce que je veux n’est pas toujours ce dont j’ai besoin. Et ce dont j’ai besoin ne correspond pas toujours à ce que je veux… Aujourd’hui, pour moi, le challenge de la vie, c’est d’essayer d’aligner nos besoins avec nos envies mais cela demande beaucoup de travail… (sourire)

Dans mon 5ème album, je parlais beaucoup du subconscient par rapport à la conscience. La conscience, c’est comme notre maison. On habite dans cette maison, on fait le ménage, on range les étagères et les placards pour que tout soit bien organisé. Mais le subconscient, c’est comme la cave. On peut y regarder, mais il n’y a pas vraiment de lumière. On a simplement une petite lampe torche et on se demande: “Qu’est-ce que c’est, là? Pourquoi es-tu là?” C’est beaucoup plus difficile à organiser, mais c’est aussi plus important.

Je suis allée regarder ton compte Instagram et j’ai retrouvé ta toute première publication, datée du 14 octobre 2014. Tu y partageais la pochette de ton single “Lately”. Si tu pouvais aujourd’hui laisser un commentaire sous cette publication, qu’est-ce que tu écrirais au Charlie Winston de 2014?

Je pense que je lui dirais que le plus important, c’est soi-même et l’amour que l’on se porte. Dans ma carrière et dans les chansons que je crée, c’est finalement le message général. Il faut prendre soin de soi pour pouvoir plus facilement prendre soin des autres.

©charliewinston

Charlie Winston sera en concert le 3 septembre au Chant du Gros, et en tournée solo le 28 octobre au Montreux Jazz Club Millennium à Crissier et le 29 octobre à la Salle Communale d’Onex.

Retrouvez l’interview complète en podcast:

RadioFr. - Virginie Pellet
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