"Ça fait mal au cœur de couper tous ces arbres"

La canicule de cet été n'a pas épargné les forêts fribourgeoises. Le chaud et le manque d'eau a tué de nombreux arbres à Bouleyres.

Patrick Ecoffey est garde-forestier depuis dix ans et travaille pour la Corporation forestière Moléson depuis 2022. © RadioFr.

L'été 2026 n'a épargné personne. La canicule et le manque de précipitations ont fait du mal aux humains, à la faune et à la flore. Les forêts fribourgeoises aussi ont payé le prix fort et de nombreux arbres n'ont pas survécu à la sécheresse. Une situation particulièrement visible dans la forêt de Bouleyres, en Gruyère. Plusieurs centaines d'arbres sont morts parmi le million de spécimens que compte ce bois bien connu des promeneurs fribourgeois.

Le sapin blanc, l'épicéa et le hêtre sont les essences les plus touchées. "On s'attendait à ce que le hêtre soit fortement impacté par le chaud, mais le sapin blanc était considéré comme une espèce plus résistante", explique Patrick Ecoffey, garde-forestier à la Corporation forestière Moléson, qui gère le bois de Bouleyres.

Ces arbres "tués" par la canicule représentent un danger. Les chutes de branches mortes, ou même de troncs, représentent un risque pour les promeneurs. Pour éviter les accidents, la décision de fermer la partie sud de la forêt, entre Broc et la Tour-de-Trême, a été prise début septembre.

Une zone "interdite" à sécuriser

Ne vous fiez pas aux couleurs brunes de certains arbres, l'automne n'en est pas toujours la cause. Pour de nombreuses essences, c'est le signe que l'arbre est mort et a séché.

Depuis la fin des vacances d'été, Patrick Ecoffey et ses collègues sont à pied d'œuvre pour nettoyer la zone. Il faut analyser quels arbres ont commencé à brunir, les marquer, puis, dans un second temps, les tronçonner avant qu'ils ne tombent. Un programme qui vaut pour les arbres en bordures de chemins. Ceux au milieu des bois peuvent terminer leur vie naturellement, s'ils n'impactent pas d'autres infrastructures.

Des dizaines de souches comme celles-ci longent les chemins de Bouleyres

Depuis début septembre, environ 4000 mètres cubes de bois ont déjà été coupés. Du bois sec qui ne peut qu'en partie être réutilisé pour faire des planches ou du combustible. "Certaines personnes pensaient qu'on voulait faire du profit. Mais ce n'est pas le cas, car le bois mort n'est pas entièrement réutilisable", insiste Patrick Ecoffey.

La zone fermée du Bois de Bouleyres pourrait rouvrir en janvier, si la situation le permet. C'est la première fois qu'une forêt est, en partie du moins, fermée dans le canton de Fribourg.

Avoir un contrôle total sur 1 million d'arbres, c'est utopiste.

Patrick Ecoffey insiste: il préférerait voir ses arbres terminer leur vie debout, mais le risque est trop grand pour les promeneurs. "Avoir un contrôle total sur un million d'arbres, c'est utopiste", ajoute-t-il. Les accidents sont d'ailleurs la hantise de ceux qui s'occupent des forêts, d'autant plus qu'un garde-forestier a récemment été condamné par la justice pour la chute d'un arbre dans le canton.

En attendant, les promeneurs qui fréquentent les autres zones de la forêt sont invités à être prudents lors de leurs promenades. Il est déconseillé de s'y rendre lorsqu'il pleut ou que le vent souffle fort.

Ecoutez notre reportage:

RadioFr. - Hugo Savary
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