Campagne du non au Grand Fribourg lancée

Les opposants à la fusion montent au front en vue du vote consultatif du 26 septembre dans les neuf communes concernées.

Le chef-lieu cantonal a été décrit, jeudi devant la presse à Granges-Paccot (FR), comme "à l’étroit dans ses murs" par l’association "Non à la fusion du Grand Fribourg", coprésidée par Erika Schnyder, député PS au Grand Conseil et ancienne syndique de Villars-sur-Glâne, et Ian Peiry, ancien conseiller général villarois.

Selon eux, une fusion, appelée à créer une commune de 75'000 habitants, devrait plutôt servir à constituer "un réel centre cantonal fort". "On navigue à vue, on jette du flou, on essaie de vendre un projet sans attrait particulier", a regretté Erika Schnyder, qui reconnaît à Fribourg le droit de se développer.

Taille et efficacité

"La taille en population ne garantit pas l'efficacité", a relevé Damiano Lepori, vice-syndic de Givisiez, pour qui une fusion réduite sera toujours possible en cas d'échec. De son côté, Ian Peiry a déploré la disproportion des moyens de campagne, l'association ne disposant que d'une page sur 13 dans le matériel d'information.

"Avec le projet actuel, la plupart des huit autres communes du périmètre n’y trouvent pas leur compte", estime l'association. Alors que tout processus de fusion devrait consister à créer une nouvelle commune, celui proposé le 26 septembre se limite "à agrandir une commune existante, tout en supprimant les particularités des autres".

C’est pourquoi l’association recommande de dire non lors du vote consultatif. Son message sera délivré encore ces prochains jours avec la distribution d'un tout-ménage à destination de la population résumant ses arguments, a dit Ian Peiry. Ces derniers consistent en quatre axes principaux.

Fiscalité en cause

Les opposants dénoncent un projet de fusion avec des "finances peu claires", s'appuyant sur un "taux d'imposition peu réaliste" et une "croissance démographique quasi impossible". Ils parlent aussi d'une "représentation démocratique déséquilibrée", avec notamment quatre communes sur neuf qui ne seront pas incluses au sein de l'exécutif.

L'association déplore encore une "vie locale appauvrie", avec la disparition des pouvoirs locaux remplacés par des associations de quartier. Enfin, elle regrette l'instauration d'un "bilinguisme déguisé", via le bilinguisme pragmatique voulu par les tenants de la fusion et qui introduit "de fait" un bilinguisme institutionnel.

Dans une commune francophone, il sera du coup possible d’élaborer un document officiel seulement en allemand avec un résumé en français, a illustré l'association. "Au mépris total de la territorialité des langues et de l’équilibre linguistique des districts, puisque le district de la Sarine, francophone, deviendra bilingue."

Chèque en blanc

Globalement, le vote consultatif s’apparente davantage à un sondage qu’à une prise de position claire sur un projet de convention de fusion, a relevé Erika Schnyder. Reste qu'au vu des nombreuses inconnues qui subsistent, il se résumera à l’octroi d’un chèque en blanc pour la poursuite des travaux dans le sens actuel.

Les neuf communes sont Fribourg, Avry, Belfaux, Corminbœuf, Givisiez, Granges-Paccot, Marly, Matran et Villars-sur-Glâne. L'Assemblée constitutive est présidée par Carl-Alex Ridoré, préfet de la Sarine et candidat PS à la succession de Christian Levrat au Conseil des Etats, une élection qui se tient aussi le 26 septembre.

ATS