Ces commerces qui ne veulent plus de monnaie
De plus en plus de commerces se tournent vers des moyens de paiement sans argent liquide. Reportage dans une boulangerie bien connue des fribourgeois.
La boulangerie Saudan vient d'ouvrir un bar à croissant à Fribourg, pour une clientèle plus jeune que celle qui fréquente leur enseigne principale. Et donc tout naturellement, la direction a décidé de n'utiliser que des moyens de paiement numériques, c'est à dire la carte bancaire ou TWINT.
D'une part, l'absence d'argent liquide limite les risques de vols et les problèmes de caisse. D'autre part, la grande majorité des clients ne paient déjà plus en cash, comme l’explique Gérald Saudan, le directeur de la boulangerie. "Dans notre point de vente principal, on a déjà 75 à 80% de paiement numérique. Donc la plupart des gens dans notre nouveau point de vente n’ont même pas remarqué qu’on n’acceptait pas l’argent cash."
Dépenser autrement
Avec ces chiffres, le commerce fribourgeois est dans la moyenne européenne. Depuis le covid, 60 à 90% des transactions se font en numérique. Alors qu'avant la pandémie, à la boulangerie Saudan, c'était par exemple plutôt du 50-50.
Cette tendance du cashless a une influence sur notre manière de dépenser. "Avec l’argent liquide, quand on en n’a plus dans notre porte-monnaie, on ne peut plus rien faire. Alors qu’avec l’argent dématérialisé on n’a pas accès à ce qu’on a ou pas. On est obligé d’aller voir sur notre compte en banque", relève Fabrice Plomb, professeur de sociologie à l’université de Fribourg.
Il note encore que la gestion de l’argent numérique demande des compétences plus formelles que quand on avait des billets et des pièces. Si cet élan "cashless" venait à s'intensifier, d'après les chercheurs, cela pourrait creuser encore plus des inégalités sociales, notamment chez les gens qui n'ont pas accès à des cartes bancaires.


