"C'est le public qui décide si l'événement a lieu d'être"

Les concerts de Bellarena Events ont lieu vendredi et samedi à la BCF Arena. Interview de Charlotte Carrel, directrice artistique.

Plus de 30 ans après avoir fondé Rock Oz'Arènes, Charlotte Carrel se lance un nouveau défi musical. © La Télé

RadioFr: Comment se passent les préparatifs?

Charlotte Carrel: On est en train de chambouler la BCF Arena, il y a encore du travail avec les tests sonores. C'est un défi technique, mais qui a été bien préparé. Je pense que ça va donner un excellent résultat.

Des billets en promotion ont été vendus la semaine dernière sur le site QoQa, est-ce que ça veut dire que la prévente se passe un peu moins bien que prévu?

C'est toujours difficile de lancer un nouvel événement, il faut trouver son public. Ces opérations QoQa durent sur une courte période, elles ont pour but de faire connaître l'événement sur une courte période et un large public. Je ne suis pas très fan de ce genre d'opération.

Comment convaincre les artistes de venir à Fribourg pour un événement qui n'existe pas encore sur la carte?

C'était le challenge le plus dur, que j'avais un peu oublié. Après 30 ans au Rock Oz'Arènes, c'était devenu facile de convaincre les artistes dans un site aussi beau et connu au niveau international. Il a fallu convaincre sur le potentiel du lieu.

Vous avez fondé le Rock Oz'Arènes en 1992, avec une bande de copains. Tout était à faire, vous avez galéré au début?

Oui j'ai galéré. Aujourd'hui aussi, rien n'est simple avec Bellarena: il faut reprendre ses marques dans un nouveau lieu, connaître le public car même si l'organisateur met tout en œuvre pour offrir un événement magique, c'est le public qui décide s'il a lieu d'être. Il faut aussi que les artistes soient convaincus que c'est un lieu valable pour la suite.

Rock Oz'Arènes, c'est un projet au point mort?

Pour l'instant, c'est en standby. Le nom du Rock Oz'Arènes est protégé. Qui sait, peut-être qu'un jour des jeunes motivés voudront reprendre le festival!

Mais sans vous?

Probablement, parce que j'ai fait mon temps sur ce site. D'ici là, je serai sûrement à la retraite.

Quelle est votre plus grande fierté?

Il y en a beaucoup, mais j'étais vraiment très fan de The Cure. C'était extraordinaire car j'essayais de les avoir depuis des années. Quand j'ai confirmé, j'ai rajouté sous le coup de l'émotion un 0 sur le montant du cachet: ça revenait à 1,113 million! Bien sûr, ce n'est pas le montant qui a été versé, mais ça avait fait beaucoup rire. On a aussi eu des grands moments avec Radiohead. Parfois, je me demande si ces moments sont encore réalisables dans des endroits d'une capacité moyenne.

Aujourd'hui, on voit qu'il y a des artistes impayables...

Les artistes qu'on aurait pu imaginer au Rock'Oz il y a 10 ans sont aujourd'hui impossibles à avoir sur une capacité de 10'000 ou 15'000 places. Ces légendes du rock ont pris l'ascenseur. La relève tarde peut-être à venir, bien que des très bons groupes arrivent aussi, mais ils sont encore dans l'ombre des mastodontes. 

Voir l'interview complet:

RadioFr. - Karin Baumgartner / Adaptation web: Alexia Nichele
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