"C’était un pari compliqué, loin d’être gagné d’avance"

TéléCharmey SA a pu renaître de ses cendres en 2019, après une faillite. Trois ans plus tard, Claude Gendre fait le bilan.

Claude Gendre était l'invité de Gaël Longchamp dans l'émission "Fribourg fait maison", le 6 avril. © La Télé - Frapp

La Télé: Claude Gendre, tout d’abord un mot sur la saison d’hiver qui vient de s’achever. Le bilan est bon?

Claude Gendre: Je ne dirais pas qu’il est bon, je dirais qu’il n’est pas si terrible. On a fait environ 10% de moins que ce qu’on avait budgétisé.

Votre bilan à la tête de TéléCharmey est un peu meilleur?

Disons qu'il a largement dépassé nos espérances. On a des résultats pour lesquels on aurait signé bien avant de commencer.

En 2019, à vos débuts à TéléCharmey SA, vous vous étiez donné trois ans pour confirmer votre stratégie de relance. Tout aurait pu s’arrêter la semaine dernière, lors de l’assemblée générale?

On s’est donné trois ans pour oser se lancer. C’était un pari compliqué, loin d’être gagné d’avance. Maintenant, on est content de se trouver dans une phase de succès.

Loris Corbaz, qui est directeur technique, et moi avons un contrat à durée indéterminée avec la société.

Revenons en 2019. Quelle mouche vous a piqué de vous lancer dans cette aventure?

Je crois que c’est la mouche de l’entreprenariat. Je faisais beaucoup d’escalade et de parapente à l’époque, j’étais souvent dans les Gastlosen. Avec Loris, chaque fois qu’on passait près des cabines qu’on voyait à l’arrêt, on se demandait toujours ‘qu’est-ce qu’il faudrait pour que ça marche ?’

Au moment où on m’a proposé la place de directeur, je n’ai beaucoup hésité avant d'accepter. A une condition: venir avec mes collègues et amis professionnels.

A l’époque, les chiffres catastrophiques ne vous ont pas retenu?

On n’a pas fait de calculs ni de business plan précis. On a voulu tenter l’aventure. La situation ne pouvait pas être pire.

La faillite était indispensable pour relancer l'entreprise, dans le contexte de l’époque?

Oui. La faillite a permis de prendre conscience de la nécessité d’avoir des infrastructures touristiques d’envergure. C'était l'occasion de faire un reset.

Vous avez été maçon, ambulancier, mais vous n’aviez encore jamais touché aux remontées mécaniques. Comment avez-vous abordé votre nouveau rôle?

Quand on est entrepreneur, on apprend à faire ce qu’on ne sait pas faire. On a pu compter sur notre âme d’aventurier et d’entrepreneur. On n’était pas seuls, on a vite constitué une équipe qui s’est révélée très importante, surtout pour ce genre de projet.

La Télé / Frapp - Gaël Longchamp / Adaptation web: Anaïs Rey
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