Chalets d'alpage: pas d'exemption de la taxe de séjour

Deux députés voulaient épargner les chalets d'alpage en résidence secondaire d'une taxe de séjour jugée injuste. Le Conseil d'Etat refuse de faire des exceptions.

Le canton de Fribourg comptent plusieurs chalet d'alpage utilisés comme résidences secondaires (image prétexte). © Envato

Pour l'exécutif, le débat est clos: les chalets d'alpage qui sont des résidences secondaires n'auront pas d'exemption de taxe de séjour. Dans une réponse publiée ce vendredi, le Conseil d'État fribourgeois balaie les arguments de deux députés, l'UDC Gabriel Kolly et le centriste François Genoud.

Selon eux, le forfait annuel de 450 francs — calculé sur la base de 150 nuitées à 3 francs — pénalise des propriétaires qui ne louent pas leur bien et consacrent du temps à l'entretien des alpages. Dans leur question parlementaire déposée fin mai, les deux élus critiquent qu'une taxe, conçue pour financer le tourisme via les nuitées, soit appliquée à des biens inhabités la majeure partie de l'année.

Ils soulignent également que certaines communes, elles-mêmes propriétaires de chalets d'alpage, se retrouveraient à financer indirectement l'Union fribourgeoise du Tourisme (UFT). Les élus se demandent même si celle-ci ne cherchait pas à gagner de l'argent "à tout prix" via cette taxe. Cela risquerait en plus d'inciter les propriétaires à louer leur bien sur des plateformes comme Airbnb, ce qui irait à l'encontre de la préservation de la montagne.

Égalité de traitement

Dans sa réponse, publiée ce vendredi, le Conseil d'État ne partage aucun de ces griefs. Le gouvernement rappelle que la loi sur le tourisme, révisée en octobre 2021, a été adoptée à l'unanimité par le Grand Conseil. Elle prévoit expressément l'assujettissement des résidences secondaires, chalets compris, et ce peu importe le nombre de nuits passées dans l'habitation, l'équipement, ou le lieu où se trouve le bien, pour des raisons d'égalité de traitement.

Le Conseil d'État indique encore qu'aucune comptabilité spécifique ne distingue les chalets d'alpage des autres résidences secondaires. En 2025, le montant total perçu grâce à la taxe de séjour sur tous les biens concernés (chalets, appartements, mobilhomes, etc.) s'est monté à un peu plus de 2 millions de francs.

Quant à la question de savoir si l'UFT "cherche de l'argent à tout prix", le Conseil d'État tempère: le produit de la taxe est partagé par moitié entre l'UFT et les sept régions touristiques du canton. Et pour l'argument Airbnb, l'exécutif juge que la taxe de séjour n'a "aucune influence" sur les choix de location des propriétaires.

Frapp - Mattia Pillonel
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