Un "manifeste pour la dignité" contre la précarité

58 associations fribourgeoises s'unissent pour lutter contre la précarité dans le canton. Elles vont saisir les autorités.

La crise du coronavirus a considérablement impacté le quotidien des personnes en situation de précarité. Elle a aussi plongé dans la pauvreté certaines personnes ou certains ménages qui vivaient jusqu'à présent avec un revenu modeste. Pour leur venir en aide, ces 58 associations ont décidé d'agir et de demander de l'aide.

Ces institutions se sont unies pour créer le "Collectif Dignité Fribourg" et revendiquer 7 mesures concrètes. Dans le cadre de la révision actuelle de la loi fribourgeoise sur l'aide sociale, elles veulent supprimer le remboursement de la dette générée lorsqu'un bénéficiaire touche des prestations de l'aide sociale. Elles estiment aussi qu'avec la crise, les loyers et les assurances maladies grangrènent les budgets des familles, si bien que parfois, "il faut choisir entre payer son loyer ou acheter à manger", témoigne une mère de famille en situation de précarité.

La précarité a plusieurs visages

La pauvreté n'est pas seulement financière dans le canton de Fribourg, elle peut aussi être sociale. C'est pour cette raison qu'il faut aussi intervenir dans ce domaine. Le Collectif Dignité Fribourg demande donc aussi d'offrir des structures à ces personnes, afin qu'elles aient un ancrage social. "Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des investissements", explique Cédric Fazan, le directeur de la Fondation Le Tremplin.

Ces mesures doivent s'inscrire sur le long terme, pour éviter de tomber dans une spirale infernale. "La précarité sociale engendre de nombreux maux, tels que problèmes de santé psychique et mentale, dépressions ou encore suicides", peut-on lire sur le courrier adressé aux autorités politiques.

"Les institutions ont vu leur activité multipliée par deux ou trois, sans ressources supplémentaires dans la plupart des cas, poursuit encore Cédric Fazan. On est à flux tendu. On aura beaucoup de peine, dans un horizon assez proche, à assumer ce qu'on a fait jusqu'à maintenant."   C'est pour cette raison que le Collectif appelle les autorités à les soutenir et à "renforcer et resserrer les mailles du filet social".

RadioFr. - Lauriane Schott