Coup de froid: les apiculteurs au chevet de leurs abeilles
Alors que les réserves touchent à leurs fins, la chute des températures au printemps menace les colonies. Reportage à Villargiroud.

Une trentaine de ruches sont installées sur un terrain en pente, au pied du Mont Gibloux, à 800 mètres d'altitude. Elles sont recouvertes de neige. Il fait autour des deux degrés ce matin-là. "Heureusement, j'avais vu la météo, j'ai pu intervenir à temps! Là avec cette météo, je n'aurais pas pu déranger mes abeilles." Eleveur de chèvres, Sébastien Berset est aussi apiculteur. Il compte une huitantaine de ruches sur ses différents sites. A chaque printemps, il redouble donc de vigilance, pour anticiper les coups de froid. Et sauver ses abeilles.
Car à cette époque-là, les réserves de nourriture touchent à leurs fins. Les abeilles sont déjà sorties, en février et en mars, mais les stocks ne sont pas encore reconstitués. Et la relève est déjà là. Chaque jour, des œufs éclosent, des abeilles sortent de leurs alvéoles. "Au printemps, une ruche peut manger jusqu'à quatre kilos de nourriture par semaine."
Une ruche sur trois en manque
Et quand les températures chutent, les abeilles ne sortent plus. Cette semaine, Sébastien Berset a donc passé une journée entière à inspecter chaque ruche. Il a apporté de la nourriture supplémentaire dans un tiers d'entre elles. "10% des colonies en avaient vraiment besoin. Dans les autres, c'était surtout par précaution."
La nourriture en question, c'est un sachet candy: "C'est du sucre glace, de l'eau, un peu de miel que je produis, détaille l'agriculteur. Un petit peu de vinaigre, aussi, pour que le sucre soit digestible."
Des sachets qu'il dépose au-dessus des cadres, et dans laquelle les abeilles vont piocher, jusqu'aux prochaines floraisons, de cerisiers, de pommiers, de dents de lion et de colza.
Des aléas plus courants
"Mon papa était aussi apiculteur. Mais à l'époque, il était tranquille, disons, jusqu'au mois de mai. Maintenant, les aléas climatiques sont plus fréquents. On sait qu'il peut y avoir de grosses chutes de température au printemps."
Première période de vigilance de l'année, donc, avant la deuxième période délicate de fin mai/ début juin, après la première récolte de miel. Du miel, Sébastien Berset en produit entre 1'200 et 1'600 kilos par année.



