Covid-19: la situation sociale se détériore

Les conséquences sociales de la pandémie sont loin d’être terminées, selon Caritas. EPER lance une nouvelle campagne de solidarité.

Les demandes de personnes en détresse sont constamment élevées auprès des consultations sociales de Caritas, s'inquiète mardi l'organisation dans un communiqué. Les personnes touchées ont de moins en moins de perspectives et le taux de chômage approche un niveau record.

Les mesures Covid touchent particulièrement les personnes à faibles revenus. Celles qui s'inscrivent trop tard auprès de l'aide sociale, après avoir épuisé toutes leurs réserves, doivent par exemple compter avec des lacunes, car leurs coûts ne sont pas couverts rétroactivement.

Des lacunes

Caritas pointe également des lacunes dans le soutien de l'Etat, que les oeuvres d'entraide doivent combler. Le traitement des demandes d'aide sociale ou la réduction des primes d'assurance maladie prend trop de temps. L'accès à ces services est plus compliqué car il ne peut se faire que par téléphone ou en ligne.

Depuis le début de la crise il y a un an, Caritas a soutenu 17'000 personnes partout en Suisse grâce à une aide de plus de 6 millions de francs. "Les coûts sociaux et économiques de la pandémie sont déjà élevés aujourd'hui, mais les effets les plus graves sont encore à venir", s'inquiète Peter Marbet, directeur de Caritas Suisse.

Appel au monde politique

Caritas invite ainsi le monde politique à prolonger jusqu'à la fin de la pandémie l'indemnité de chômage partiel de 100 % pour les revenus les plus faibles. L'accès à l'aide sociale et aux services de conseil doit également être facilité.

Par ailleurs, les personnes se trouvant juste au-dessus du niveau de pauvreté doivent bénéficier d'une aide avant d'avoir atteint le seuil donnant droit à l'aide sociale. Ce dernier est actuellement fixé trop bas, estime en outre l'organisation.

Pour Caritas, il est possible de prévenir une trop forte augmentation de l'aide sociale en instaurant des paiements directs basés sur le modèle des prestations complémentaires et une augmentation temporaire des réductions de primes. Enfin, les assurances sociales et l'aide sociale doivent inclure plus d'accompagnement et de coaching des bénéficiaires.

Campagne nationale

L'EPER lance de son côté la campagne nationale "Garder ses distances tout en se serrant les coudes", pour inviter la population à lui apporter son soutien, par solidarité avec les personnes dans le besoin et dont les moyens d'existence sont menacés par la pandémie. Cette campagne reprend les pictogrammes officiels de l'OFSP, en y ajoutant un message de solidarité.

L'ONG rappelle mener de nombreux projets de solidarité en Suisse, visant à rompre l'isolement social et continuer d'aider, d’informer et de soutenir, notamment les communautés isolées et mal informées. Elle agit également à l'étranger, par exemple au Bangladesh, en Ethiopie ou au Vénézuela.

ATS