Crans-Montana: comment concilier drame et caricature?
Une caricature de Charlie Hebdo sur le drame de Crans-Montana fait réagir sur les réseaux, jusqu'au dépôt d'une plainte pénale. Analyse avec le dessinateur de presse Debuhme.
Il y a la caricature de Charlie Hebdo, intitulée "Les brûlés font du ski", mais d'autres dessinateurs de presse ont choisi des angles plus indirects pour évoquer le drame de Crans-Montana. C’est notamment le cas de Philippe Baumann alias Debuhme.
Pour son premier dessin de l’année, "Bienvenue en 2026", l’artiste montre une personne alitée, entourée de journaux aux titres sombres venus du monde entier. Parmi eux, le nom de Crans-Montana apparaît, noyé dans ce flot de mauvaises nouvelles. Une façon d’évoquer la tragédie sans la représenter directement, en la replaçant dans un contexte plus large.
Avec le temps, après la phase de deuil national, les façons de traiter le drame évoluent. L’actualité ne se limite plus au choc initial : viennent ensuite les suites, les questions, les conséquences. C’est dans cet esprit que s’inscrit un autre dessin de Debuhme, "Valais: la carte postale qui s’effrite". Une image qui symbolise la région avec une certaine fragilité, loin des clichés touristiques. Ce croquis a d’ailleurs été choisi pour faire la une du magazine satirique Vigousse ce vendredi.
Trouver la bonne distance
Le dessinateur admet être souvent touché par l’actualité. "Je suis très ému par beaucoup d’événements, mais quand je fais du dessin de presse, je dois revenir à quelque chose de plus professionnel", explique-t-il. Trouver la bonne distance est essentiel, que ce soit pour faire réfléchir, faire sourire ou parfois désamorcer un sujet.
Le contexte de publication joue aussi un rôle important. "Si on travaille pour un quotidien généraliste ou pour un journal satirique, ce n’est pas le même public, ni le même traitement de l’actualité", rappelle-t-il. Mais pour lui, une chose reste claire: le dessin de presse a pour mission de parler de l’actualité. "Si on commence à s’interdire certains sujets, on ne fait plus notre travail", conclut Debuhme.
Un travail de nuance et de choix, qui se rejoue à chaque événement, sans règle écrite ni réponse toute faite.


