Dans les coulisses du milieu de la construction

Plusieurs entreprises basées dans le canton de Fribourg estiment être victimes d'inégalités de traitement. Enquête.

De nombreuses entreprises de construction se sentent impuissantes face aux décisions des autorités. © KEYSTONE

Parmi la cinquantaine de sociétés approchées, une dizaine a fait part à RadioFr de leur sentiment d’injustice concernant le traitement de leurs projets par le Canton. Elles relèvent notamment des inégalités concernant des procédures allongées de manière arbitraire et des permis de construire refusés. Aucune n’a cependant été d’accord de témoigner au micro, par peur des répercussions.

Selon certaines entreprises, la réputation peut par exemple accélérer ou freiner les procédures. Certains dossiers sont traités en quelques semaines, d'autres en quelques mois.

La taille compte

"Les règles sont extrêmement strictes, se défend Jean-François Steiert, directeur de l’Aménagement et des constructions (DAEC). Il n’y a pas de privilège pour qui que ce soit." Certaines entreprises ont néanmoins un avantage: leur taille. "Plus une entreprise est grande, plus les projets sont de qualité, observe le conseiller d'Etat. Les procédures peuvent avancer plus rapidement, car les dossiers sont solides."

Les grands groupes ont une manière de faire qui leur permet aussi de gagner du temps: en amont, ils signent des conventions avec les associations qui pourraient potentiellement s’opposer à un projet. "En contrepartie, les entrepreneurs pourraient s’engager à assurer un côté durable dans un quartier de construction, par exemple", explique encore Jean-François Steiert.

Autre élément qui peut peser dans la balance: si un projet est considéré comme stratégique pour le canton, il pourra être traité plus rapidement. La création d’une école ou l’implantation d’une entreprise génératrice de nombreux emplois justifient par exemple ce cas de figure.

La discussion comme solution

Selon les préfectures, qui délivrent les permis, les impressions des entreprises interrogées sont totalement infondées."Si un dossier traîne, c'est qu'il a été mal ficelé, soutient François Genoud, président de la Conférence des préfets. En général, un projet qui ne présente ni opposition, ni préavis défavorable obtient un permis de construire en une ou deux semaines."

Le préfet de la Veveyse s'insurge aussi contre un autre témoignage recueilli par RadioFr: la consonance étrangère d'un nom de famille sur une demande de permis de construire pourrait ralentir les procédures. Plusieurs patrons d’entreprise ont indiqué que, selon les préfectures, ils auront plus de mal à faire aboutir leur projet. "Ce genre de pratique est absolument exclu! L'égalité de traitement et le respect de la loi sont des règles impératives."

Et si, malgré tout, une entreprise s'estime victime d’une injustice, elle peut contacter les services de l’Etat. Faire pression pour accélérer le traitement d'un dossier, une technique utilisée par une majorité des entreprises contactées, n'aura aucun impact, répond le Canton.

Réécouter l'éclairage complet:

RadioFr. - Lauriane Schott
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