"C'est un soulagement pour les entreprises"

Le secteur de l'économie est satisfait de voir la durée des quarantaines et des isolements raccourcie dès jeudi.

Pour éviter une paralysie générale de l'économie et des services publics due à l'absentéisme, le Conseil fédéral réduit la durée des isolements dès ce jeudi. La quarantaine, également ramenée à une durée de 5 jours, se limite désormais aux personnes qui vivent sous le même toit qu'une personne malade, ou qui ont eu un contact étroit et régulier avec elle.

Le secteur économique, qui plaidait pour de telles mesures, se réjouit. "C'est un soulagement pour les entreprises. Les gens pourront rejoindre plus rapidement leur lieu de travail", souffle la Bulloise Nadine Gobet, directrice de la Fédération patronale et économique. "C'est une décision pragmatique qui tient compte des hospitalisations aux soins aigus et intensifs, où on voit que la situation est stabilisée."

Suppression totale en question

Les cantons comprennent la décision du Conseil fédéral de réduire la durée de quarantaine et d'isolement à cinq jours. Bien que la mesure n'a pas été mise en consultation, de nombreux représentants des cantons s'étaient prononcés en sa faveur, a rappelé la Conférence suisse des directeurs de la santé (CDS).

Les milieux économiques se sont réjouis de la réduction de la quarantaine, exigée ces derniers jours. Aux yeux de l'Usam et de l'Union patronale suisse, le Conseil fédéral aurait même pu aller plus loin en supprimant totalement la quarantaine.

Selon l'Union patronale suisse, les personnes asymptomatiques devraient en être exemptées. Actuellement, environ 4% des personnes actives ne peuvent travailler en raison de la pandémie, a indiqué à Keystone-ATS le président de l'organisation Valentin Vogt. Si ce pourcentage continue d'augmenter, la situation sera critique pour l'économie suisse. La faîtière Travail.Suisse s'oppose elle à une suppression totale de la quarantaine.

Critiques de l'UDC et des Verts

Sur Twitter, le PLR parle d'un soulagement de la société et de l’économie par la quarantaine raccourcie. Le parti demande toutefois aussi au gouvernement d'enfin présenter une stratégie de sortie de la crise sanitaire. Il ne veut pas d'une obligation stricte du télétravail et mise sur les vaccinations pour éviter une surcharge des hôpitaux.

Le PS apporte un soutien de principe aux décisions concernant les règles d'isolement et de quarantaine, a déclaré à Keystone-ATS le porte-parole du parti Nicolas Haesler. Le parti salue également la consultation sur la prolongation des mesures jusqu'à fin mars.

Le président du PVL Jürg Grossen s'est également exprimé de manière positive, mais il se montre plus réservé. La réduction de l'isolement ou de la quarantaine est compréhensible, mais la situation reste critique. La charge de travail dans les unités de soins intensifs reste difficile à prévoir.

L'UDC demande elle la suppression immédiate de l'isolement et de la quarantaine: au vu de la situation, avec le variant Omicron qui est plus contagieux mais en général plus bénin et avec un nombre d'infections non-déclarées sans doute plus élevé, ces obligations n'ont plus de sens, écrit le parti.

A gauche, les Verts critiquent vivement le Conseil fédéral. Le président du parti Balthasar Glättli accuse le gouvernement de se résigner à accepter des victimes sur la voie de la phase endémique. Pour le Zurichois, c'est une stratégie à haut risque concernant les décès, les maladies avec des conséquences à long terme et la surcharge des infrastructures et du personnel de santé.

ATS / RadioFr. - Rédaction