Des chenilles urticantes envahissent l'île d'Ogoz

Un spécialiste est intervenu sur l'île du lac de la Gruyère pour éliminer des nids de processionnaires du chêne, dangereuses pour les animaux.

Un arboriste est intervenu sur l'île lundi dernier. © Alpes Vert et Dévers
Un arboriste est intervenu sur l'île lundi dernier. © Alpes Vert et Dévers
Un arboriste est intervenu sur l'île lundi dernier. © Alpes Vert et Dévers
Un arboriste est intervenu sur l'île lundi dernier. © Alpes Vert et Dévers
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Le mois dernier, des promeneurs venus profiter de l'île d'Ogoz ont signalé être repartis avec des démangeaisons intenses et des réactions suspectes. L'association qui gère le lieu a mandaté des professionnels pour inspecter les abords des chemins et des aires de repos. Ils ont découvert que plusieurs arbres de l'île étaient infestés par deux espèces de chenilles à poils urticants: la processionnaire du chêne et le bombyx cul-brun.

"Trois chênes étaient touchés, certains fruitiers aussi", raconte Grégory Teichmann. Gérant d'Alpes Vert et Dévers, une entreprise de soins aux arbres à Pringy, il est intervenu sur l'île en début de semaine.

Pour la sécurité des passant, certains chemins et places de pique-nique ont été fermées. "On a traité tous les arbres qui étaient au-dessus des accès aux tables et aux installations, y compris ceux où il n'y avait pas visiblement de chenilles", continue l'arboriste-grimpeur.

L'accès est resté fermé plusieurs jours, le temps que les produits agissent. Mais il faut noter que les zones touchées par des processionnaire du chêne peuvent présenter des risques longtemps après l'élimination des insectes. "La nuit, la chenille va se nourrir au niveau des feuilles. En journée, elle revient ensuite au nid, qui est construit au niveau du tronc", détaille Grégory Teichmann. "Ce qui fait qu'elle dissémine ses poils urticants sur tout l'arbre. L'impact peut durer plus d'un an, même si la chenille n'est plus là."

Ce ne sont d'ailleurs pas les long poils, visibles sur le corps grisâtre tâché de brun de ces chenilles, qui causent des réactions allergiques, mais des poils beaucoup plus petits, entre 0,2 et 0,3 millimètre et pratiquement invisibles à l’œil nu.

Danger mortel pour les chiens

Déjà bien répandue dans le canton de Vaud, le Jura et Bâle, la processionnaire du chêne a beaucoup progressé ce printemps en terres fribourgeoises, d'après Grégory Teichmann. "Jusqu'à maintenant, on avait eu quelques cas assez isolés. Ces dernières semaines, il y a eu pas mal d'appels, notamment pour l'île d'Ogoz ou des paysans qui ont été surpris de la virulence des réactions, tant au niveau des animaux que de l'humain."

Le centre d'allergie suisse aha! rappelle que les réactions aux poils toxiques peuvent prendre plusieurs formes: irritations de la peau et des yeux, urticaire, toux et problèmes respiratoires. En cas de réaction, il recommande de se doucher et de laver les vêtements contaminés à plus de 60°.

Chez l'être humain, les poils peuvent entraîner des démangeaisons suffisamment sévères pour être traitées à l’aide de préparations à base de cortisone, note aha!. Les spécialistes recommandent aux particuliers de ne pas essayer de toucher les chenilles eux-mêmes, car les retirer demande un équipement de protection important. Dans la dernière semaine de mai, des piscines publiques dans les cantons de Berne et de Zurich ont dû partiellement fermer en raison d'infestations.

Mais c'est surtout chez les animaux que la processionnaire du chêne représente un risque potentiellement mortel. Les chiens et chats, ou tout autre animal susceptible de lécher une chenille, peuvent subir des symptômes similaires aux humains, mais aussi des gonflements des muqueuses (nez, bouche, langue, etc.) qui peuvent empêcher la respiration et mener à l'asphyxie.

Là encore, le centre aha! conseille de rincer abondement à l’eau la bouche, les yeux ou le pelage de l'animal. Mais sans frotter, car cela risque de faire pénétrer davantage les poils toxiques dans la peau ou les muqueuses.

Pas de mesures de lutte

Selon l'Institut fédéral de recherches sur la forêt (WSL), ces chenilles ne sont pas des espèces invasives. La processionnaire du chêne existe en Europe centrale depuis plusieurs siècles. Et si le changement climatique semble favoriser sa croissance ces dernières décennies, son aire de répartition n'évolue pas beaucoup, selon les spécialistes.

Le Service des forêts et de la nature du canton de Fribourg (SFN) confirme qu'aucune mesure de lutte particulière n'est prise à leur encontre. Leur impact ne met pas en danger la survie des arbres sur lesquels elles s'installent, les problèmes apparaissent plutôt dans la cohabitation avec l'humain. 

"Nous jouons plutôt un rôle de conseils", indique Delphine Marbach, chargée de communication pour le service. "Nous recommandons aux propriétaires des arbres ou de l’infrastructure exposée, comme des places de pique-nique, de contacter une entreprise pour éliminer les nids."

Les chenilles sont généralement active à partir de fin mars, selon la météo et jusqu'au mois de juin, où elles s'enterrent dans le sol pour effectuer leur métamorphose en papillon.

Frapp - Simon Gumy
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