Des F/A-18 ont atteri sur l'autoroute

Quatre avions de combat ont atterri mercredi matin sur l'autoroute A1 entre Payerne et Avenches (VD). Une première depuis 1991.

Les quatre F/A-18 ont atterri avec succès mercredi matin sur l'A1 entre Payerne et Avenches. © KEYSTONE/Peter Schneider

Parti de l'aérodrome militaire de Payerne, le premier F/A-18 s'est posé à 09h58. Environ 20 minutes plus tard, après que la piste a été contrôlée, les trois autres ont atterri successivement sur l'asphalte de l'A1.

Divers manœuvres et exercices ont ensuite été entrepris sur la piste. Les avions ont redécollé entre 12h15 et 12h30. Le test sera reconduit mercredi après-midi.

Baptisé "Alpha Uno", l'événement n'est pas public. Mais quelque 300 invités ont été conviés (150 le matin, 150 l'après-midi) à le suivre depuis une tribune montée pour l'occasion, au bord d'un champ de betteraves et, pour des raisons de sécurité, à 300 m du site d'atterrissage, qui s'est fait depuis l'est (côté Avenches).

Avec "Alpha Uno", l'armée s'entraîne à "décentraliser" ses activités. Car avec une concentration sur trois bases aériennes - Payerne, Emmen (LU) et Meiringen (BE) -, elle pourrait être vulnérable en cas d'attaque. Un exercice d'une telle envergure n'avait plus été réalisé depuis 1991 au Tessin.

Pour mener à bien ce test, l'autoroute entre Payerne et Avenches a été fermée dès mardi soir et le restera jusqu'à jeudi matin. La glissière de sécurité centrale a été retirée et des marquages spéciaux ont été effectués sur la chaussée.

Une double sortie forcée a été installée aux jonctions de Payerne et d'Avenches. Un itinéraire de déviation a été mis en place pour les quelque 25'000 véhicules qui circulent chaque jour sur ce tronçon. Il passe sur la route cantonale par Domdidier, Dompierre et Corcelles-près-Payerne.

Ce tronçon de l'A1 a été retenu pour son raccordement direct à l'aérodrome militaire de Payerne, mais aussi car il avait été préparé à accueillir des avions de combat lors de sa construction en 1995. Le volume de trafic, moindre que sur d'autres tronçons autoroutiers, et la possibilité d'aménager des contournements expliquent également pourquoi il a été choisi pour cet exercice.

Une pointe d'humour

À l'atterrissage, les téléspectateurs ont pu remarquer un détail plutôt amusant sur le pare-brise des avions. En effet, dans le coin, était affichée la vignette 2024, obligatoire pour toute personne empruntant l'autoroute. Malgré l'introduction de sa forme numérique, les pilotes de l'armée semblent préférer le traditionnel carré de papier. Une blague qui n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux.

Juste après les premiers atterrissages, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a diffusé un communiqué pour critiquer l'exercice. Il y dénonce "une action symbolique visant à faire rayonner la force militaire."

Selon lui, l'armée "donne l'illusion d'une sécurité factice au lieu de travailler à des solutions concrètes". Avant d'ajouter que le monde politique devrait "s'orienter enfin vers une analyse lucide des menaces au lieu de dépenser des milliards pour des scénarios de menaces irréalistes", écrit le GSsA.

ATS
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