"Pour nous, chaque minute compte"

Yves Steiger et son équipe du Groupe Interventions Secours se sont rendus en Turquie pour porter secours aux victimes du séisme. Témoignage.

Yves Steiger est allé en Turquie avec son équipe pour aider sur place à secourir les personnes encore coincées sous les décombres. © La télé / KEYSTONE

Le Séisme qui a touché la Turquie et la Syrie a déjà fait plus de 35'000 victimes. Pour éviter que ce chiffre ne grimpe, de nombreuses organisations d'aide internationale et autres associations spontanées ont envoyé du matériel de première nécessité aux gens sur place. D'autres se sont même déplacées pour porter directement secours aux personnes coincées sous les décombres.

C'est le cas d'Yves Steiger, chef des opérations du Groupe Interventions Secours. Lui et son équipe ont pu être très vite alertés via des applications et des sites internets, à l'instar de Gdacs, qui regroupe et coordonne en temps réel l'ensemble des désastres naturels sur la planète. "On est une ONG franco-suisse, et les deux états-majors se sont très rapidement téléphonés", précise encore Yves Steiger.

Ainsi, 7h sonnaient à peine qu'il était déjà clair qu'une offre d'aide pour du sauvetage allait être faite. "Dans ce cas-là, on passe par les ambassades, puisqu'on s'interdit d'arriver sur place sans avoir l'accord du pays."

Course contre la montre

Une fois sur place, l'équipe de secours est orientée par l'organisation gouvernementale. "On a chargé très vite la tonne et demie de matériel qu'on avait et on est partis vers le sud, dans la province d'Hatay, là où il y avait besoin d'aide", précise le Fribourgeois.

Statistiquement parlant, on dit que les 48-72 premières heures sont celles où il y a encore des chances de survie.

Dans le pays, les déplacements se font en car. Arrivés sur un site touché, les membres de l'équipe doivent réagir très vite. "Pour nous, chaque minute compte. Statistiquement parlant, on dit que les 48-72 premières heures sont celles où il y a encore des chances de survie."

En route vers Hatay, l'équipe a été redirigée vers un autre site, à Elbistan, ayant subi les dégâts du second séisme. "Dans le car, après analyse de la situation, on savait qu'on arrivait dans une zone où il faisait beaucoup plus froid", souligne Yves Steiger.

Des vies sauvées

Les secours se sont relayés 24h sur 24, travaillant avec relativement peu de sommeil. Ce travail acharné a permis de sauver plusieurs vies sur place. Il n'y a eu aucun blessé parmi l'équipe et tous ont pu rentrer en Suisse, sains et saufs, dimanche dernier.

Mais il n'en va pas forcément de même pour ce qui est de l'impact moral et émotionnel. "Chacun réagit différemment. Pour ma part, je n'ai eu aucun problème. Avec les années, je peux assez vite repartir", soutient Yves Steiger. Le secouriste fribourgeois était déjà de retour au travail ce lundi.

La Télé - Gaël Longchamp / Adaptation Web: Rémi Alt
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