Don de cheveux: un élan de solidarité après Crans-Montana

Depuis la tragédie de Crans-Montana, de nombreux Fribourgeois franchissent la porte des coiffeurs faire dons de leurs cheveux.

Actuellement, on ne sait pas combien de victimes de Crans-Montana auront besoin de cheveux ni en quelle quantité. © La Télé

Et si vous donniez vos cheveux par solidarité? Depuis la tragédie de Crans-Montana, les coiffeurs du canton de Fribourg ont vu les dons augmenter. En général, les gens donnent 20 à 30 centimètres, une longueur qui permet beaucoup de possibilités pour créer des perruques.

À Cugy, Séverine Rey a décidé jeudi matin d'offrir ses cheveux au salon de Tiffany et Céline, face à son sentiment d'impuissance vis-à-vis des victimes du drame de Crans-Montana. Une manière pour elle de se sentir utile. "J'ai été énormément touchée par ce qui s'est passé là-haut. J'ai deux enfants de 16 à 18 ans", témoigne la Fribourgeoise. "J'ai vu passer un mot sur les réseaux qui disait que les salons cherchaient des dons. Je me suis dit qu'il fallait que j'y aille."

La tête encore remplie d'images choquantes diffusées dans les médias ou sur les réseaux sociaux, beaucoup ressentent le besoin de faire quelque chose de concret pour aider. "Ces ados sont en plein dans l'âge où le paraître fait partie des choses importantes. On s'imagine bien que ça doit être difficile quand ils se réveillent à l'hôpital et qu'ils voient leur état", explique Séverine Rey.

Suite au 1er janvier, les propositions de dons affluent au salon de Tiffany et Céline. "Ça fait bien quelque temps qu'on donne des cheveux pour les cancers, les maladies. C'était tout à fait normal de continuer avec ce drame", pointe Tiffany Delley. "On ne peut s'empêcher de se mettre à la place de ces parents, de ces jeunes, de cette tragédie, et puis d'apporter notre soutien et un peu de réconfort pour les personnes qui ont les cheveux brûlés", ajoute sa collègue Céline Iannuzzi.

Un important commerce de perruques

Les cheveux récoltés sont ensuite envoyés en Suisse, ou ailleurs en Europe, où des perruques sont fabriquées. D'autres salons s'engagent dans la région, comme celui de Valentin Feyer à Sugiez, qui reçoit même des dons par la poste. "Je suis toujours fier et nerveux de les ouvrir, en plus ils sont toujours accompagnés de gentils mots", témoigne le coiffeur.

Sensibilisé à cette thématique depuis des années, Valentin Feyer se formera dès février à la création de perruques. En attendant, il veille à ce que les cheveux récoltés soient confiés à des mains expertes. "Il existe un commerce énorme pour les cheveux. Il y a les extensions, la perruque accessoire, la perruque médicale, les prothèses médicales… Donc j'aimerais vraiment les envoyer là où il n'y a pas de business ou de gains derrière. Je n'aimerais vraiment pas que ce soit des perruques revendues ou que les assurances ne les prennent pas en charge."

Actuellement, on ne sait pas combien de victimes de Crans-Montana en auront besoin ni en quelle quantité.

La Télé - Mathilde Morel
...