Des fermes ouvrent leur terrain aux camping-cars

La plateforme Nomady fait partie des entreprises soutenues par l'Aide suisse à la montagne qui lance son appel annuel aux dons.

Sur ce terrain vallonné de Romanens, en Gruyère, la neige de cette fin du mois de janvier masque l'emplacement recouvert de copeaux de bois, spécialement aménagé pour les camping-cars. Sébastien Frossard a aussi installé une table et un brasero, met à disposition l'eau et l'électricité, ainsi qu'une douche et des toilettes. Cet agriculteur qui élève une cinquantaine de vaches laitières a enregistré l'an passé 87 nuitées avec Nomady.

La plateforme lancée en 2019, en plein boom du camping sauvage, met en relation les agriculteurs prêts à louer un terrain contre une petite somme et les campeurs à la recherche d'un endroit sûr et agréable pour la nuit. Cette société a été soutenue par le passé par l'Aide suisse à la montagne, fondation qui lance ce jeudi son appel annuel aux dons et qui se félicite d'avoir soutenu, en 2021, 833 projets dans divers domaines (énergie, santé, formation, agriculture, tourisme etc), pour un budget total d'un peu plus de 29 millions de francs.

Recherche du lien social

Déjà populaire Outre-Sarine, Nomady commence à gagner en notoriété en Suisse romande. Ce concept d'agritourisme regroupe aujourd'hui 400 hôtes. Sébastien Frossard en avait entendu parler en lisant une revue agricole. Il a tout de suite été séduit. "Dans l'agriculture, on côtoie très peu de monde. Si je ne croise pas le fromager du village, certains jours je ne parle à personne d'autre qu'à ma famille", témoigne-t-il.

Lui qui a pas mal bourlingué aussi il y a une vingtaine d'années, travaillé en Allemagne, en Amérique du Sud et aux Etats-Unis dans les années 90, est ravi de faire découvrir sa région, vu qu'il "ne peut plus beaucoup voyager, en raison des contraintes liées à ses vaches laitières". Il apprécie donc le contact avec ses visiteurs, "des habitants de la région autour de Zurich pour la plupart", mais aussi venus de plus loin, d'Italie ou de Belgique.

Sébastien Frossard leur montre volontiers sa ferme, leur donne des conseils touristiques sur les lieux à visiter dans la région. Des liens se créent aussi avec ses enfants: "J'ai un enfant qui est très sociable. Si je vois qu'un enfant d'une famille de campeurs est seul, je l'encourage à aller jouer au ballon avec lui. Une autre fois, on a proposé à une petite fille de faire un tour en poney, ça lui fera des souvenirs!"

Du beurre dans les épinards

Les campeurs paient une cinquantaine de francs par nuit et par emplacement. Cet agriculteur touche environ 38 francs. "Environ 1% de mon chiffre d'affaires", détaille-t-il. "Cela met un peu de beurre dans les épinards! Cela ne nous fait pas de gros revenus, mais en même temps nous avons peu de contraintes." Le reste, 14 francs environ, c'est une commission prélevée par la plateforme Nomady, qui gère le site internet et les réservations. Pour Sébastien Frossard, c'est une répartition "correcte".

Cet éleveur vend son lait aussi, et des tresses, sur commande. Mais jusqu'ici, ces produits n'ont pas été beaucoup achetés: une seule demande pour la tresse, trois pour le lait. Sébastien Frossard s'en accommode. Il est ravi de l'expérience. Sur Nomady, il frôle la perfection avec quatre étoiles, sur cinq. "Il manque la vue sur les montagnes, selon les commentaires", sourit-il. Pourtant, on voit bien le Moléson et les Préalpes fribourgeoises depuis sa parcelle.... mais de l'autre côté du bâtiment!

RadioFr. - Maëlle Robert