Des discriminations et du racisme chez Sushi Mania
"Sale noire" ou encore "black monkeys", ce sont quelques-uns des propos tenus par une responsable de Sushi Mania. Le syndicat Unia monte au créneau.

Les premiers propos racistes au sein de Sushi Mania ont été tenus en avril 2025. Ils ont été prononcés par une responsable des travailleurs temporaires de l'entreprise basée à Vuadens. Ils ont perduré pendant plus d'un an, provoquant la colère et l'indignation d'une vingtaine d'employés. À bout, ils ont contacté le syndicat Unia pour faire bouger les choses, au risque de perdre leur poste.
"J'étais vraiment révoltée et je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer ça", témoigne une ancienne travailleuse, que l'on appellera Laure, et qui tient à parler pour que tout le monde sache ce qui se passe au sein de cette filiale du groupe Migros. Un autre confirme : "C'est la fatigue, tu vis dans la dépression, le mépris, l'angoisse et la menace. Ce n'est pas une vie."
Certains travailleurs ont déjà fait part des discriminations subies à la direction de Sushi Mania et à la Migros. Une enquête interne avait été ouverte, mais elle n'avait abouti à aucune mesure concrète. Pire, certains employés concernés ont même reçu des avertissements en représailles. "Cette responsable profite du fait que les gens qui travaillent là-bas ne parlent pas français et ne connaissent pas leurs droits", dénonce Laure.
Dénonciation au Ministère public
C'est donc en désespoir de cause qu'ils ont informé le syndicat Unia. Pour mettre un terme à ce climat délétère, il a cherché à rencontrer la direction de Migros à la fin juin. Une demande refusée par le géant orange. "On a l'impression que la ligne de l'entreprise est 'Je ne vois rien, je n'entends rien et je ne veux pas en parler'", affirme Edy Zihlmann, membre de la direction d'Unia.
De son côté, la Migros se défend et déclare "prendre très au sérieux toute information faisant état de possibles irrégularités ou de comportements inappropriés et procéder actuellement aux vérifications". Cette réponse ne satisfait pas le syndicat, car la première procédure interne n'avait mené à aucun changement.
Unia a également dénoncé les faits au Ministère public fribourgeois. Il rappelle que discriminer ou porter atteinte à la dignité humaine d'une personne publiquement, par la parole, l'écriture ou le geste, est un acte pénalement répréhensible. Dans l'attente d'une éventuelle enquête, il compte continuer à distribuer des tracts sur la prévention contre le racisme devant l'entreprise.
Contactée, la Migros nous a répondu avec le même e-mail que celui envoyé au syndicat il y a un mois. Elle ne souhaite pas apporter de nouveaux éléments pour des raisons liées à la protection de la personnalité et des données.


