Escroquerie du golf de Pont-la-Ville: un suspect à la barre

Un complice présumé, un homme de 46 ans, accusé de vol en bande et par métier, a comparu ce mardi devant le Tribunal pénal de la Gruyère.

L'affaire de l'escroquerie de l'administrateur du Golf de Pont-la-Ville était à nouveau devant la justice fribourgeoise ce mardi. Les faits remontent à 2015. A l'époque, un homme se fait passer pour un investisseur russe et se prétend intéressé pour investir dans un projet d'extension du golf. Il se dit prêt à mettre de l'argent: 17 millions de francs sur six ans. A une condition: que l'administrateur du golf prouve sa capacité financière.

Pour cela, il lui demande de mettre 350'000 francs dans une enveloppe, que l'administrateur devra présenter lors d'une rencontre avec ses intermédiaires. Rencontre qui a lieu en août 2015, à Pont-la-Ville. L'arnaque fonctionne: les deux complices parviennent à subtiliser cette enveloppe et la remplacent par une enveloppe similaire, couverte de scotch marron mais... remplie de liasses de papiers blancs.

Jugé en octobre dernier, le faux investisseur russe a écopé de trois ans de prison ferme. Il a fait recours devant le Tribunal cantonal. Ce mardi, c'est un homme de 46 ans, l'un des deux complices accusés d'avoir volé l'argent lors de l'entrevue à Pont-la-Ville, qui a comparu à la barre du Tribunal pénal de la Gruyère.

Prévenu calme et poli

La Présidente du Tribunal a notamment voulu obtenir des précisions sur ce qui s'est passé le jour de l'entrevue, à Pont-la-Ville: "Cette fameuse enveloppe, qui l'a volée?", interroge-t-elle au cours de l'audience. "Ce n'est pas moi", répond le prévenu, "mais la femme qui était avec moi. C'était elle la commanditaire." La Présidente reprend ensuite : "Vos empreintes digitales ont été retrouvées sur les papiers. Vous les avez touchés ?" Réponse du prévenu: "Je pense que oui, cela fait un moment."

Le suspect, veste jaune fluo, cheveux longs et ondulés, veut se montrer poli. Il ponctue ses phrases de "oui Madame la présidente" - "non Madame la présidente". Et se justifie: "J’avais besoin d’argent pour ma femme malade, je n’étais pas dans mon état normal".

Impliqué dans d'autres affaires

Il s'excuse, même, à plusieurs reprises. A un moment donné, la présidente du Tribunal s’agace, elle ne veut plus qu'il lui serve la même rengaine. Elle revient plutôt sur son passif. Le prévenu est mis en cause, selon elle, dans plusieurs arnaques du même type, des "rip deal", vol d'argent ou de diamants, en 2008 en Autriche - même si l'homme n'a pas été condamné pour ces faits -, et en France en 2017.

Le suspect lui, continue à assurer qu'il n'était pas un maillon de la chaîne. La procureure résume la question à laquelle il faut répondre: cet homme a-t-il participé au vol par amour pour sa femme malade ou est-il un criminel membre d'une bande spécialisée dans des escroqueries de ce type?

Pour la procureure, pas de doute: l'homme est coupable, ses déclarations sont changeantes et ses mensonges, nombreux. L'avocat du prévenu reconnaît que certes son client n'est pas innoncent, et qu'il se contredit, mais que l'on ne peut pas prouver qu'il connaissait les autres escrocs. Et que le motif de sa participation était noble.

"Ce n'était pas pour acheter un yacht, mais pour sa famille", lance l'avocat, qui demande une condamnation à 18 mois de prison. La procureure requiert une peine de deux ans et demi de prison ferme. Le Tribunal pénal de la Gruyère doit notifier son jugement aux parties cette semaine.

RadioFr. - Maëlle Robert