Faire face au feuilleton tarifaire imposé par les États-Unis

Des taxes qui augmentent et diminuent au gré d'un président… Face à un climat d'incertitude, les entreprises fribourgeoises doivent s'armer de patience.

Les annonces successives et leurs revirements entretiennent un climat d’incertitude qui complique toute planification. © La Télé

La Cour suprême des États-Unis a invalidé vendredi la majorité des droits de douane imposés par Donald Trump en 2025. Mais le répit aura été de courte durée. Le président américain a déjà dégainé de nouvelles taxes, à 10 puis à 15%. Comment les entreprises fribourgeoises concernées vivent-elles ce climat d’incertitude?

Face au véritable feuilleton tarifaire imposé par les États-Unis, les entreprises fribourgeoises actives dans l’import-export américain ne savent plus sur quel pied danser. Les annonces successives et leurs revirements entretiennent un climat d’incertitude qui complique toute planification.

À Domdidier, l’entreprise WAGO est directement concernée. Spécialisée dans les systèmes de connexion électrique, elle travaille avec des composants dont une part importante est produite aux États-Unis. Dans ce contexte mouvant, difficile d’anticiper l’impact exact sur les coûts, les délais ou l’organisation de la production. Comme beaucoup d’acteurs industriels, la société dit avancer avec prudence et s’adapter au fil des annonces.

Même flou du côté de l’Interprofession du Gruyère. Pour la filière fromagère, il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences concrètes des nouvelles dispositions américaines. "Ce qui est sûr, c’est que les 17% de pertes de volume à l’exportation vers les USA subies en 2025 ne pourront pas être récupérés", explique son directeur Olivier Isler. "Le futur reste incertain."

Le "monde du chaos"

La Chambre de commerce et d’industrie du canton de Fribourg partage de son côté les préoccupations des entreprises, sans pouvoir pour l’heure faire de prédictions. "On est dans le monde du chaos total, aujourd’hui on n’est sûr de plus rien du tout. Peut-être qu’après-demain, il y aura à nouveau des changements. C’est la difficulté de prévoir, la difficulté de faire des hypothèses", regrette son directeur Christophe Emmenegger.

Pour les sociétés fribourgeoises exposées au marché américain, l’heure reste donc à l’attente. Les semaines à venir devraient permettre d’y voir plus clair.

La Télé - Mathilde Morel
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