Jonas Schneiter brise le tabou de la fertilité masculine

Après un spermogramme moyen, le journaliste romand a mené l'enquête auprès d'experts. Les hommes sont moins fertiles, mais ce n'est une fatalité.

Le journaliste et animateur radio Jonas Schneiter a mené l'enquête. © DR

"J'ai horreur des gens qui me regardent avec des yeux de poissons frits quand je leur dis que j'écris un livre sur la fertilité masculine et qui pensent que j'ai peut-être un problème à concevoir des enfants. Il faut dédramatiser!" 

Pourtant, quand le résultat pas terrible de son spermogramme tombe, Jonas Schneiter n'est pas à la fête, mais plutôt que de se morfondre, il décide de comprendre pourquoi sa fertilité et celle de nombreux jeunes hommes est en baisse. Pendant 6 mois, le Vaudois interroge généticiens, andrologues, toxicologues et autres épidémiologistes. Il a publié en mars dernier "Les 20 questions sur la fertilité masculine que (presque) personne n'ose poser". 

Le livre est paru fin mars. Pour le moment, les ventes sont limitées 

En 20 chapitres brièvement résumés, des lexiques, une bibliographie fournie, le tout rédigé avec une bonne dose d'humour, le livre vous donne une foule d'infos. Notamment sur ce que vous, Messieurs, vous pouvez faire pour améliorer la situation. Evitez notamment les sources de chaleur et d'ondes près de vos testicules (le portable dans la poche avant du pantalon, mauvais plan), perdez vos quelques kilos en trop et, tant qu'à faire, limitez la cigarette. 

Evidemment, vous n'avez pas le contrôle sur tout, par exemple sur la diffusion de perturbateurs endocriniens qui peuvent avoir de lourdes conséquences sur la fertilité masculine ou  sur les facteurs liés à l'environnement, mais agissez déjà là où c'est possible.

Une affaire de couple

Et surtout, soyez conscient que les problèmes de conception sont une affaire de couple. L'infertilité masculine en est responsable dans un tiers des cas, le deuxième tiers étant d'origine uniquement féminine et le dernier lié aux deux conjoints.

"La qualité des spermatozoïdes diminue avec l'âge paternel", précise Dorothea Wunder, gynécologue et endocrinologue à l'HFR. "Au-delà de 40 ans, le risque de fausses-couches liées à des défauts du matériel génétique masculin augmente."

"Il faut faire ce livre, mais il ne se vendra pas" voilà ce que son éditeur Pierre-Marcel Favre disait à Jonas Schneiter sur son projet.  Deux mois après sa sortie, l'ouvrage est effectivement un succès médiatique plutôt qu'économique. Mais le journaliste s'en moque. L'essentiel c'est que la population s'intéresse enfin au sujet de la fertilité masculine.

RadioFr. - Sarah Camporini
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