À Frasses, dans la Broye, Loïc Blanc avance au pas sur la chaussée. Au volant d'un camion pas comme les autres, il nettoie les routes en profondeur, accompagné de deux collègues.
Dans le canton de Fribourg, environ 200 kilomètres de routes recouvertes de revêtements phonoabsorbants bénéficient de ce traitement plusieurs fois par année.
Le but du revêtement, c'est d'absorber l'air qui est écrasé par les pneumatiques. Il empêche ainsi la réflexion du bruit.
Ces revêtements fonctionnent comme des caisses de résonance. Leurs petites cavités, qui représentent entre 8 et 12% de leur volume, permettent d'absorber une partie du bruit provoqué par le passage des pneus.
"Le but du revêtement, c'est d'absorber l'air qui est écrasé par les pneumatiques. Il empêche ainsi la réflexion du bruit", explique Fabrice Collaud, chargé de la protection contre le bruit routier au Service des ponts et chaussées.
Un entretien nécessaire
Le canton de Fribourg s'intéresse à cette solution depuis la fin des années 1990, à la suite de l'entrée en vigueur de l'ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit.
Après une première expérience peu concluante, les poses sont interrompues en 2004. Quelques années plus tard, une nouvelle génération de revêtements convainc les autorités fribourgeoises, qui adoptent définitivement ce revêtement.
Mais pour conserver leur efficacité, ces surfaces nécessitent un entretien régulier. Avec le temps, la poussière et les déchets bouchent les pores du revêtement, empêchant l'air de circuler.
"Si on ne nettoie pas les routes, quasiment tout le gain phonique obtenu au départ peut être perdu en deux ou trois ans", prévient Fabrice Collaud. Grâce à cet entretien, certains revêtements conservent une réduction sonore de cinq à six décibels, même après plusieurs années.
Un camion spécial
Pour effectuer ce travail, le canton utilise un camion spécialisé d'une valeur de 600'000 francs. Équipé d'un réservoir de 4000 litres, le véhicule projette de l'eau pour ramollir les saletés avant de les récupérer grâce à des balais et un système d'aspiration.
Cette solution permet ainsi d'aller chercher les déchets à l'intérieur du revêtement, jusqu'à 20 à 25 millimètres de profondeur, là où un simple balayage ne suffit plus.
L'eau récoltée doit passer par des bennes filtrantes installées dans les centres d'entretien.
Penser à l'environnement
Reste à éviter que ce nettoyage ne se fasse au détriment de l'environnement. L'eau récupérée peut contenir des hydrocarbures provenant du trafic et ne peut donc pas être rejetée n'importe où.
"L'eau récoltée doit passer par des bennes filtrantes installées dans les centres d'entretien", explique Marc Delaby, ingénieur au bureau Nibuxs, qui accompagne le canton dans cette démarche.
La valorisation des déchets et le choix de sources d'eau adaptées, afin de ne pas recourir uniquement à l'eau potable, font également partie des défis à relever. Pour y parvenir, le canton et le bureau Nibuxs collaborent notamment avec la Haute école d'ingénierie de Fribourg.





