"Plus le cyclisme féminin est médiatisé, plus il grandit"

La cycliste fribourgeoise professionnelle Léa Stern se réjouit de l'engouement qu'a provoqué la 5e édition du Tour de France féminin. Interview.

Léa Stern est devenu professionnelle de cyclisme à l'âge de 20 ans. © Keystone

Plus de 23 millions de téléspectateurs et des milliers de fans au bord des routes. La 5e édition du Tour de France féminin a été un succès. Deux Suissesses étaient engagées sur cette grande boucle: Marlen Reusser et Noemi Rüegg. Une autre cycliste professionnelle, originaire de Bulle, aurait aussi pu y prétendre, mais Léa Stern n'a pas été sélectionnée par son équipe professionnelle française, Ma petite entreprise. Interview.

Radio Fribourg: Vous n'avez pas été sélectionnée pour le Tour de France de cette année. Mais est-ce un objectif pour vous d'y participer un jour?

C'est un peu l'objectif d'une carrière pour toutes les cyclistes. Ça aurait été une belle expérience de faire une course sur neuf jours. J'espère que j'y parviendrai dans le futur.

Ce Tour a été suivi par des millions de personnes. Il y avait énormément de gens sur les routes et devant leur télé. Comment est-ce que vous voyez l'évolution du cyclisme féminin?

L'ASO a relancé le Tour de France il y a quatre ans. Cette année, on voyait sur les images, à Lausanne, un public impressionnant. Je pense que les gens s'y intéressent. Si on regarde par rapport au cyclisme masculin, avec Pogacar qui gagne tout, là on a plus de suspense. Le maillot jaune s'est joué jusqu'à la dernière étape et je pense que ça plaît aux gens.

Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que le cyclisme féminin continue d'évoluer?

Comme dans tous les sports: trouver de l'argent et que ça devienne toujours plus télévisé, même pour les plus petites courses. Qu'on ne doive pas aller les chercher sur de petites chaînes de télévision. Plus ce sera médiatisé, plus ça fera grandir le sport.

Vous avez commencé le cyclisme sur le tard, à 20 ans. Est-ce que vous vous attendiez à vivre de ça?

C'est un peu spécial. J'ai commencé directement en World Tour, donc j'ai été payée pour ça et du coup, au début, il n'y a pas eu cette question de si je pouvais en vivre ou pas. Après, quand je suis redescendue, vu que je savais que je voulais remonter, je me suis directement donné la chance de ne faire que ça, grâce à mes sponsors surtout.

En compétition, c'est quoi votre spécialité? 

Je dirais le compte-la-montre et les courses avec du dénivelé mais pas des cols trop longs. Après, j'espère que dans le futur, j'arriverai à mieux passer les bosses au niveau pro, et me spécialiser sur les courses "punchy".

RadioFr. - Hugo Savary
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