"Ça va être difficile de faire mieux à l'avenir"

La BCF enregistre des résultats en hausse pour la 30ᵉ année consécutive. Son directeur général, Daniel Wenger, est l'invité de la semaine.

En 2023, la BCF a terminé avec un bénéfice de 161,5 millions de francs, vingt de plus qu'en 2022. © KEYSTONE

Rien ne semble pouvoir arrêter la Banque cantonale de Fribourg. Elle signe des résultats en hausse pour la trentième année de suite. Son bénéfice 2023 s'élève à 161.5 millions de francs. Un résultat qui réjouit son directeur général Daniel Wenger. " Ça va être difficile à l'avenir de faire mieux", commente-t-il. 

Radio Fribourg: Ce bon résultat s'explique en partie par l'augmentation des opérations d'intérêts, dit plus simplement les intérêts payés par les clients qui empruntent de l'argent à la BCF. Pourquoi est-ce que ce domaine vous a rapporté autant cette année ?

Daniel Wenger: C'est en fait le résultat des augmentations de volumes qu'on a connues ces dernières années. Dans le passé, souvent, l'amélioration de nos résultats était surtout due à une croissance au niveau des crédits. On suit l'évolution qu'on observe dans le canton avec notamment les biens qui sont achetés par les Fribourgeois.

Vos bons résultats suivent la croissance du canton, qui accueille toujours plus d'habitants, avec un secteur de la construction en hausse ? 

C'est juste, mais pas seulement. Il y a aussi une croissance au niveau des placements et de la gestion des patrimoines de nos clients.

Cette croissance ne va pas durer éternellement. Vers quoi peut se tourner la BCF à l'avenir pour assurer sa pérennité et des bons résultats ?

Il est important de se rappeler que ce ne sont pas seulement les crédits hypothécaires qui font la base de notre portefeuille. Ce sont aussi les PME avec lesquelles nous travaillons. Notre succès devrait continuer parce que ces entreprises sont là, et qu'on soutient les employeurs de notre canton.

Vous parlez des prêts hypothécaires, la BCF est très active dans ce domaine. Ces prêts se montent à 19 milliards de francs aujourd'hui, contre 12 milliards il y a dix ans. Les taux sont relativement bas. Est-ce que, s'ils remontent, les clients pourront payer leurs dettes hypothécaires ? La banque est-elle assez solide pour encaisser ce risque ?

Quand on donne un crédit à quelqu'un, on travaille toujours avec un taux théorique. C'est-à-dire qu'on regarde si le revenu du couple ou de la personne qui emprunte l'argent est suffisamment grand afin d'absorber une augmentation importante des intérêts. Donc l'augmentation en soi ne met pas un portefeuille de crédit en danger.

La banque est assez solide ?

Tout à fait. Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas que les dépôts qui aident à refinancer la banque elle-même. Nous devons avoir des fonds propres à disposition pour chaque franc que nous prêtons à quelqu'un.

Écouter l'interview complète:

RadioFr. - Loïc Schorderet / Adaptation web: Mattia Pillonel
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