Autigny: une page se tourne au Conseil communal
Conseillère communale depuis 17 ans et syndique d’Autigny depuis 2016, Dominique Haller Sobritz ne se représentera pas aux prochaines élections communales du 8 mars.
La Télé: Vous êtes syndic d’Autigny depuis dix ans et au Conseil communal depuis dix-sept ans. Pourquoi ne pas vous représenter?
Dominique Haller Sobritz: Ma décision a été prise il y a déjà plusieurs mois et repose sur plusieurs raisons. Comme vous l’avez dit, je suis engagée depuis dix-sept ans à l’exécutif communal: dix ans comme syndic, trois ans comme vice-syndic. Je suis arrivée à Autigny il y a vingt ans. J’ai aussi été très active durant une bonne dizaine d’années au sein du service social, d’abord comme membre puis comme présidente du comité directeur. J’ai participé à la création de l’association intercommunale Arcos, qui regroupe le service social et le service des curatelles pour Sarine-Ouest. En 2021, nous avons également créé le service de réinsertion Ipso, destiné aux personnes soutenues par ces services. Cela a représenté une période très intense.
On l’imagine, c’est un travail de milice, avec beaucoup de séances le soir et un impact sur la vie de famille. Y a-t-il une forme de fatigue ?
Oui, il y a quand même beaucoup de travail et d’énergie investis. J’ai toujours essayé de m’engager au maximum de mes possibilités. J’ai quitté Arcos en 2022. Un autre élément important dans ma décision est aussi mon âge: j’ai 68 ans. Repartir pour une nouvelle législature m’amènerait au-delà de 70 ans, et je pense que c’est un bon âge pour passer la main.
Dans les petites communes, il est souvent difficile de trouver des personnes prêtes à s’engager. Savez-vous déjà si une relève est assurée?
Depuis ce matin, je suis rassurée, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Pour cette nouvelle législature, il fallait trouver trois nouveaux candidats, puisque seuls deux conseillers poursuivaient leur mandat. Et ce matin, le dernier candidat a accepté. Ça m'a beaucoup souciée de pouvoir présenter au moins une ligne complète. Après, il y aura peut-être encore d’autres candidatures, mais en tout cas la continuité du Conseil actuel est assurée.
Dans le dernier bulletin communal, vous signez l’édito et vous y parlez de l’engagement citoyen. Est-ce un thème qui vous tient particulièrement à cœur?
Oui. Je trouve dommage de constater un certain désengagement, cette tendance à profiter sans vouloir donner un peu de soi-même. Un exécutif communal est aussi une excellente leçon de vie, qui permet de comprendre les mécanismes et les réalités du fonctionnement collectif.
Qu’avez-vous appris, personnellement, à l’exécutif?
Avant tout, à écouter: les collègues, les citoyens. Il faut aussi s’impliquer, s’intéresser, être motivé. Ce sont des qualités essentielles, et des compétences que l’on acquiert avec le temps.
Y a-t-il un projet phare qui a marqué votre passage à l’exécutif ou la commune?
Ce dont je suis la plus satisfaite, c’est avant tout une fierté collective: avoir pu travailler, ces dix dernières années, avec mes collègues dans un climat de respect, de confiance et de bonne intelligence. Chaque dossier était l’occasion de faire au mieux, avec intégrité et équité. Nous avons aussi structuré l’administration communale. En 2009, à mon arrivée, deux personnes travaillaient pour environ 120 EPT. Aujourd’hui, nous sommes à 240, avec une équipe très motivée et engagée, ce qui constitue un réel soutien pour l’exécutif.
Parmi les projets concrets, j’ai participé à la création de la caserne des pompiers de Sarine-Ouest. En 2012, avec l’ancienne syndic de Chénance, Madame Landolt, nous avons également créé un accueil extrascolaire intercommunal, ce qui n’a pas été simple. Plus récemment, le Conseil communal a réalisé une place de jeux sur l’ancien terrain de football.


