Une société fribourgeoise au centre d'un montage financier

Propriété d’un grand groupe espagnol de fast fashion, ITX Trading a été impliquée dans une affaire de droits de douane.

Inditex est un groupe espagnol spécialisé dans la confection et la distribution de textile fast fashion. © KEYSTONE

Le groupe espagnol Inditex, qui détient des marques comme Zara, Pull and Bear ou encore Massimo Dutti, a perdu face à la justice espagnole. Son appel a été rejeté par la Cour suprême espagnole dans une affaire de droits de douane qui implique une entreprise fribourgeoise. C’est ce que révèle le média Gotham City.

C’est avantageux pour le groupe d’avoir cette filiale à Fribourg, notamment parce que les bénéfices y sont beaucoup moins taxés qu’en Espagne.

Dans les faits, entre 2014 et 2015, la marque Massimo Dutti a importé des vêtements fabriqués en Asie vers l’Espagne en utilisant la société fribourgeoise comme intermédiaire. "C’est avantageux pour le groupe d’avoir cette filiale à Fribourg, notamment parce que les bénéfices y sont beaucoup moins taxés qu’en Espagne", explique Marie Maurisse, journaliste de Gotham City à l’origine de l’article.

Si cette pratique est légale, Massimo Dutti a déclaré aux douanes le prix de la première transaction, entre la Chine et Fribourg, et non celui de la deuxième, qui était plus élevé. Une pratique condamnée par la justice et contestée par la marque Massimo Dutti, qui a finalement été déboutée.

Un système connu depuis longtemps

Ce n’est pas la première fois qu’ITX Trading se retrouve sous le feu des projecteurs. "Inditex est connue depuis longtemps maintenant pour ses pratiques d’optimisation fiscale", précise Marie Maurisse.

En 2014, Bloomberg révélait déjà ce rôle. La société fribourgeoise aurait permis au groupe Inditex d’économiser plus de 300 millions d’euros d’impôts entre 2009 et 2012. "Comme elle a été pointée du doigt, Inditex a fermé une partie de ses filiales. Ce que cet arrêt espagnol nous montre, c’est qu’il y en a une qui est toujours en activité: elle s’appelle ITX Trading", conclut la journaliste.

RadioFr. - Léo Martinetti
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